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Version imprimable Petite histoire de la digue de la Nourriguel à Larmor-Plage -2

de décembre 2003 à avril 2005

Petite histoire de la digue de la Nourriguel à Larmor-Plage -1

En fin d’année 2003, à l’approche des tempêtes d’hiver le débat est médiatiquement relancé par le maire, de , qui semble vouloir rassurer les riverains sur sa volonté de trouver une solution, tout en indiquant qu’il faudra être patient.

DIGUE DE LA NOURRIGUEL : LES INTERROGATIONS DU MAIRE
Fort vent de sud-sud-ouest et fort coefficient de marée, un scénario bien connu à Larmor-Plage où l'on vient de vivre une alerte météo de niveau orange. Comme à chaque tempête, les Larmoriens les plus inquiets sont les riverains de la digue de la Nourriguel.
Victor Tonnerre, le maire, est lui aussi inquiet : «Chaque année nous procédons à des travaux de consolidation qui ne sont que provisoires. La mer continue son travail de sape creusant toujours les fondations de la digue qui se fragilise, provoquant parfois l'effondrement de la roche et, par voie de conséquence, de la voie qui borde la mer. Si rien n'est fait, bientôt à la Nourriguel, les maisons du bord de mer s'effondreront». Un travail de réflexion a été conduit avec les riverains, notamment avec des anciens. Pour le maire, il en ressort que seul un enrochement permettrait de casser la houle. «Cet enrochement viendrait en remplacement de la jetée qui existait pointe de Toulhars et qui a été détruite pendant la guerre», explique Victor Tonnerre.

Réponse attendue de la DDE
Bien sûr, contact a été pris avec la direction départementale de l'équipement. «On nous explique qu'il faudrait faire des études et que réaliser des travaux reviendrait cher. Pour l'instant, rien ne se fait». Victor Tonnerre s'interroge : «Ne serait-il pas plus intelligent d'investir une bonne fois pour toutes dans la réalisation d'un enrochement qui casserait la houle plutôt que de multiplier les coûts de réparations qu'entraîne chaque nouvelle tempête ? » La municipalité attend une réponse de la part de la DDE, réponse qui mettra peut-être un terme à l'inquiétude des riverains et usagers de la digue. (Le Télégramme du 30/12/2003 - Rubrique: Larmor-Plage)

En janvier 2005, alors qu’il y a eu encore une brèche dans la digue à la fin de l’année 2004,

 


Voilà le résultat du travail de la mer. C'était au mois de décembre 2004.
Aujourd'hui, une entreprise répare les dégâts.
(Le Télégramme, photo d'archives : Myriam Plaute dit Lebrun).

Le Télégramme consacre une page entière au sujet. Sont évoqués, les causes de la fragilité de la digue et l’état de la réflexion en cours sur les moyens à mettre en œuvre pour protéger efficacement les habitations. Les conséquences des solutions envisagées ne sont qu’effleurées, il transparait un désacord entre le maire et l’équipement sur un enrochement à la pointe de Toulhars. Il faudra encore être patient…

Larmor : des sédiments au secours de La Nourriguel

La Nourriguel - Photo Le Télégramme

La plage de La Nourriguel, à Larmor, a vu son sable se retirer au fil des années. C'est, du moins selon les études, l'une des raisons de la fragilité de la digue du boulevard de La Nourriguel que les tempêtes aiment à briser de part en part. Profitant de travaux de désensablement de la passe ouest de la rade, en face de Kerguélen, les pouvoirs publics ont imaginé qu'ils pourraient déposer sur cette plage  une bonne partie des sédiments retirés du chenal. Il s'agit de galets, graviers et sables relativement grossiers. L'équipement maritime a étudié le sujet. La municipalité de Victor Tonnerre aimerait bien vois ses désirs satisfaits

"Nous avons à retirer 7000.000 m3 de sédiments au fond de la passe ouest, explique Jean-Paul Lequéré, directeur départemental de l'Equipement maritime. Les carottages effectués nous ont montré qu'il s'agissait de produits facilement réutilisables. Ils sont de bonne qualité et peuvent être redéposés sur les plages. Mais, ce n'est qu'une des solutions à leur utilisation."

Trois scenarii
Jean-Paul Lequéré se veut d'une grande prudence. Trois scenarii sont possibles. Le premier est bien le réensablement de certaines plages. Le second est la vente de ces matériaux qui peuvent être considérés comme produits de carrière. Ceci permettrait de récupérer quelque argent sur le coût important du dragage. Le troisième est le stockage et l'utilisation en terre-plein. Les installations portuaires du pays de Lorient ont besoin de remblais. La Chambre de commerce et d'industrie, concessionnaire du port de commerce, a également son mot à dire sur le sujet.

La solution des plages
"Nous avons balayé l'ensemble du littoral de Cap l'Orient et étudié les enjeux avec les services de la communauté d'agglomération, explique Jean-Paul Lequéré. Deux plages ont été classées comme prioritaires : La Nourriguel et la Grande plage de Gâvres". Le site de Kerguélen n'a pas vocation à devenir prioritaire, même s'il souffre d'érosion : il ne protège pas directement une zone urbanisée. A La Nourriguel, on estime à plus de 320.000 m3 les sédiments pouvant y être déposés. Pour Gâvres c'est à peu près le  même volume. On pourrait aussi en rajouter sur une autre plage de la presqu'île : le Goërem.

Maintenir le sable en place
Il ne suffit pas de décider du réensablment. Il faut aussi voir dans quelles  conditions le sable déposé aura le plus de chances de rester sur place. Ainsi, les études de la Direction départementale de l'équipement prévoient la création d'épis en béton ou en bois, voire les deux. Il en faudra sans doute au moins quatre sur la plage de La Nourriguel. Une vidence, la plage de La Nourriguel changera d'aspect, mais c'est à ce prix que l'on assurera plus de sécurité aux personnes dont les demeures se trouvent en bord de mer.

La Pointe de Toulhars
Pour cette sécurité, la municipalité de Larmor demande que soit créé, également un enrochement sur la pointe rocheuse de Toulhars. L'objectif est de casser la houle venant du large. "Cela ne peut sans doute pas nuire à la sécurité de la zone urbanisée, constate Jean-Paul Lequéré. Néanmoins, il faut bien étudier le problème en parlant, par exemple de paysage, mais aussi, de conséquences sur l'hydrologie de la rade". Pas simple donc de concevoir de nouveaux aménagements dans l'estuaire du Scorff et celui du Blavet qui, depuis des siècles, n'ont cessé de supporter la pression des activités humaines.

Yves Guégan


VICTOR TONNERRE : « IL FAUT UNE DIGUE SUR TOULHARS »

Le maire de Larmor est en première ligne pour réclamer aux services de l'Etat, les moyens nécessaires à la protection de ses habitants. Il répond ici à nos questions.
 
Comment expliquez-vous les phénomènes qui dégradent sans cesse la digue de La Nourriguel ?

Depuis plusieurs années, la houle a changé de secteur. Elle est principalement du sud et entre dans la rade par la Pointe des Chats, comme par Pen Men. Il y a une conjonction de houle au niveau des Trois Pierres. La houle de fond prend alors de la puissance et vient se briser directement sur La Nourriguel. Les roches de la pointe de Toulhars ne sont plus assez hautes pour la freiner. Vous préconisez un enrochement sur Toulhars.

Le réensablement de La Nourriguel ne suffira donc pas ?
La plage de La Nourriguel est déclassée depuis une quinzaine d'années en «grève». Faute d'avoir conservé son sable. Si on se contente d'en remettre sans prendre les moyens de le retenir, cela ne servira à rien. Il faut faire une sorte de digue sur les rochers de Toulhars. Le conseil municipal a demandé une étude complémentaire pour cette réalisation. J'imagine que l'on puisse rehausser ces rochers à hauteur des deux tiers de la hauteur des pleines mers. Ainsi, la houle de fond sera stoppée. Les vagues de surface auront d'autant moins de force et seront moins destructrices. Il y aura également les épis de bois ou de béton sur la plage pour empêcher le sable de glisser vers Kernével.

Les réparations à répétition ont un coût. Cette année, elles s'élèvent à combien ?
Les travaux qui viennent d'être engagés sur la digue de La Nourriguel et qui s'achèveront d'ici à trois semaines, se montent à 90.000 € financés à 50 % par l'Etat, 25 % par le conseil général et 25 % par la commune. Ce n'est pas rien, mais nous avons un devoir de sécuriser les habitants. La structure de cette digue n'est pas faite pour supporter le gros temps. Il ne s'agit que d'un parement de pierres. Il faut absolument renforcer la base avec du béton et, si possible, le fixe sur la roche.

 

UN TALUS, UN ENROCHEMENT DES ÉPIS ET BEAUCOUP DE SABLE
La technique qui devrait être utilisée à La Nourriguel se doit d'être expliquée (voir également le schéma ci-contre).


Un talutage et un enrochement
Dans un premier temps, un talutage sera réalisé au pied de la digue. Ce talutage sera protégé, ensuite, par un enrochement conséquent sur lequel viendra s'appuyer le dépôt de sable. Comme nous l'écrivons par ailleurs, quatre épis disposés perpendiculairement à la digue sont prévus pour retenir les sédiments déposés. Le principe des épis est, jusqu'ici, le seul à avoir réellement fait ses preuves. L'étude de l'équipement maritime prévoit que la couche des dépôts aura une épaisseur maximale de 3 m environ, à hauteur de la rue des Embruns. Le sable et les sédiments seront étalés en décroissant, jusqu'à la limite moyenne des marées les plus basses.

Objectif : briser la houle
L'objectif de cette opération est de briser la houle du large en faisant en sorte que le déferlement des vagues se fasse avant d'atteindre la digue. En effet, aujourd'hui, avec l'évolution constatée de la houle qui arrive désormais majoritairement du sud-sud-ouest, les lames se brisent sur la digue, sans avoir perdu de puissance sur la grève.

Pas avant 2007-2008
Ces travaux sont relativement complexes à coordonner. En tout état de cause, selon la Direction départementale de l'équipement, ils n'interviendront pas avant la période 2007-2008. Il faut que l'ensemble du processus soit en place, ainsi que son financement. Encore faut-il que la décision soit prise au cours de l'année.

Un coût partagé
Quant au coût des opérations, on peut espérer obtenir un financement à près de 80 %, dont une bonne partie viendra de l'Etat, aidé par le conseil général. L'Etat a, en effet, dégagé depuis peu des financements spécifiques pour aider les collectivités locales à se protéger contre les assauts de la mer. Précisons, néanmoins, que ces aides de l'Etat sont plafonnées. D'où la nécessité, aujourd'hui, de faire de bons calculs. Tous les travaux ne seront pas financés par l'Etat. La commune aura, elle aussi, une charge importante, notamment dans la réalisation des épis. «Il s'agit de projets complexes, mais jouables», insiste Jean-Paul Lequéré.
( Le Télégramme du 25/01/2005 Rubrique: Morbihan Lorient)


Le conseil municipal du mois d’avril 2005 vote le financement des études.

La protection du mur de la Nourriguel à l’étude
Etude protection du mur de la Nourriguel. La Direction départementale de l’Equipement estime à 50.000 € HT le coût de l’étude approchant les phénomènes de houle, marée et érosion. La subvention de l’État pourrait atteindre les 80 % du coût, laissant 20 % à la commune. Le conseil sollicite cette subvention et confie à la DDE, service maritime, la maîtrise d’œuvre des études de protection pour un forfait de 2.090 € HT. L’étude de protection du mur de la Nourriguel, d’un coût total HT de 21.800 € et d’un délai de cinq mois, est confiée à la société Geos-DHI. (Le Télégramme du 01/04/2005 - rubrique Larmor-Plage)



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