Oct. 07 11

Version imprimable Petite histoire de la digue de la Nourriguel à Larmor-Plage -1

de décembre 2000 à janvier 2003

L’enquête publique, pour des travaux de défense contre la mer, de la digue de la Nourriguel à , va bientôt commencer, il est intéressant de faire un petit survol historique des épisodes précédents. Une rapide recherche sur Google n’ayant pas été fructueuse ce sont dans les archives du Télégramme que j’ai été à la pêche aux informations, afin d’être plus précis que ne me le permettait ma mémoire. Je vous propose cette petite « remise en mémoire », pour que vous puissiez aller utilement apporter votre contribution à cette enquête publique,  en plusieurs billets à suivre que vous ne manquerez pas de corriger, compléter et enrichir de vos commentaires.

Pour débuter, examinons une ancienne carte postale achetée, lorsque j’ai ouvert ce blog, sur Cartopole-Cartolis site du musée de la carte postale de Baud. Au-delà du fait que l’on remarque qu’il n’y a que peu de maisons, ce qui est intéressant c’est qu’on aperçoit l’aspect de la petite falaise avant qu’elle ne disparaisse derrière des protections en pierre et ciments. Il semble qu’elle était déjà en recul face aux assauts de la mer bien avant qu’il y ait des constructions, et apparemment les premières protections ont été construites par les propriétaires en même temps que leurs maisons.



Entre le jour où a été prise la photo de la carte postale et aujourd’hui, je présume que les tempêtes ont régulièrement provoqué quelques dégâts sur les protections mises en place, mais de rapides recherches dans les archives numérisées et disponibles en ligne du Télégramme ne m’ont pas permis de remonter avant le 14/12/2000.

La digue de la Nourriguel cède sous les vagues
La tempête qui a sévi dans la nuit de mardi à mercredi a causé quelques dégâts sur la commune. (…). Mais la conséquence la plus importante constatée au petit matin par les services techniques de la ville est, une fois de plus, la dégradation de la digue de la Nourriguel. En deux endroits différents, à l'extrémité du trottoir, la chaussée s'est écroulée, laissant béants deux énormes trous d'une dizaine de mètres de profondeur. Ce sont les vagues, alliées à un vent d'une force exceptionnelle, qui ont creusé par la mer cette digue. Les employés des services techniques s'attachaient mercredi matin à boucher provisoirement cette percée dans le mur de la digue, alors que du haut de la digue, tuyau d'évacuation et buses étaient apparentes. Les riverains n'ont toutefois pas été coupés en alimentation d'eau. «On a connu pire !» déclarait philosophe mercredi matin, cette habitante qui, à quelques mètres du premier trou, bêchait tranquillement ses massifs.. (…). (Le-Télégramme – 14/12/2000 rubrique Larmor-Plage)
Vous avez certainement remarqué que le correspondant ne relate pas d’inquiétude particulière chez les habitants. L’article suivant daté du 11/01/2001, n’est plus du tout dans le même registre.

Nourriguel : la digue à nouveau percée

A la mi-décembre, la digue de la Nourriguel avait déjà subi de gros dégâts. Hier, elle a à nouveau été victime aux mêmes endroits de la violence de la mer. Le vent du sud-est, allié aux fortes marées, les riverains de la digue de la Nourriguel connaissent. A chaque fois, à marée haute, les flots passent par dessus le haut mur et viennent lécher la promenade sur la digue. Cependant, depuis plusieurs années, la mer attaque la base de la digue et met ainsi à mal l'empierrement. L'eau s'infiltre alors sous la chaussée qui s'est effondrée à nouveau hier matin après une météo nocturne agitée.
Il faut tenir...
Les services techniques se sont empressés, comme en décembre dernier, de palier au plus urgent, en rebouchant avant la marée haute le trou béant à partir de la plage et à partir de la chaussée qui la surplombe. L'appel d'offre pour les travaux définitifs de consolidation sera lancé d'ici quelques jours. En attendant, il faut tenir... L'équipement a pris les mesures des travaux à effectuer. Il s'agira essentiellement de refaire l'empierrement de la base de la digue, à l'image de ce qui a déjà été fait à quelques mètres de là. Un système de marches en béton brise la force des flots à leur arrivée sur le mur. L'enrochement du pied digue devrait passer bientôt en commission des sites. Certains riverains, devant la crainte de voir leur habitation partir un jour à l'eau, réclamaient au petit matin des études approfondies et des systèmes importants, mis en place au large, ayant pour but de dévier l'axe des vagues. «Ce genre d'études, très longue et très coûteuse est estimée entre 1.5 et 2 Millions de francs, sans être sûr que la nature ne réservera pas quelques surprises sur d'autres sites...» expliquent les responsables des services techniques qui, à chaque coup de tabac, sont aux premières loges. (Le Télégramme 11/01/2001 rubrique Larmor-Plage)
Les riverains, encore en ordre dispersé, sont en première ligne après ce deuxième écroulement, mais l’approche de l’échéance des municipales va faire réagir le maire en place.

Conseil municipal (suite) : travaux urgents digue de la Nourriguel
Le conseil municipal s'est réuni mercredi soir, salle des Algues sous la présidence du maire, Georges Jégouzo, dans une ambiance de pré-campagne  (…).
Digue de la Nourriguel : suite aux dégradations successives subies cet hiver pour cause de tempêtes, la digue nécessite des travaux urgents. Il a été voté mercredi soir la désignation du service maritime des Ponts et Chaussées pour la maîtrise d'oeuvre, le lancement des travaux, sans perdre le bénéfice des subventions, la sollicitation de l'Etat pour une subvention aussi élevée que possible, et la signature des marchés et pièces à venir. Le maire a ajouté : «Messieurs Le Drian et Yvon vont suivre le dossier, quant à moi, j'ai pris rendez vous avec le sous-préfet». (…).
Enfin, à l'issue du conseil, Georges Jégouzo a tenu à remercier tous les conseillers pour ces six années passées, (…). (Le Télégramme 26/01/2001 rubrique Larmor-Plage)

Un an plus tard, le nouveau maire, qui avait annoncé dans sa campagne « - A la Nourriguel, seront réglés les problèmes de la digue, aux plans technique et patrimonial », est en première ligne après une nouvelle tempête ayant montrée la fragilité des renforcements effectués. Les riverains sont de plus en plus présents et des solutions évoquées.

La Nourriguel : les derniers travaux déjà sapés
Le maire de Larmor-Plage, Victor Tonnerre, accompagné de Gilles Balanger son adjoint aux travaux et à l'urbanisme, est allé inspecter l'état de la digue de la Nourriguel, et le constat n'est pas très réjouissant : «Malgré le programme de consolidation mené depuis plusieurs années, le sable continue à s'en aller et à miner les fondations de cette haute muraille, qui a pour rôle de protéger la rue et les maisons des assauts de la mer», explique le maire, rejoint dans ses constatations par Gilles Balanger : «Les tempêtes, de plus en plus fréquentes et qui montent de plus en plus haut, attaquent même les derniers travaux réalisés, en l'occurrence les marches de béton «brise-houle», qui aujourd'hui sont entièrement apparentes. Sur d'autres parties de la digue, jamais refaites, des trous menaçants apparaissent et les fondations sont sapées par la mer.
Les riverains s'inquiètent
Trois mètres de hauteur de sable disparus, les riverains s'inquiètent : «Aujourd'hui, je ne reconnais plus la plage de mon enfance, dans les années 30, quand la Nourriguel était une vraie plage, et que nous sautions de la digue sur le sable; aujourd'hui, sauter de la digue serait suicidaire», explique cet habitant du quartier qui a vu évoluer le site au fil du temps : «Depuis cette époque, la plage de la Nourriguel a perdu près de 3 mètres de hauteur de sable, avec une accélération dans les années 90 et plus personne ne peut considérer le lieu comme une plage». D'autres vieux Larmoriens mettent en cause l'occupation allemande. «Pour faire passer leurs sous-marins, ils avaient élevé une sorte de digue au large de Toulhars, qui protégeait la Nourriguel». De plus en plus de voix larmoriennes s'élèvent pour que ce rempart soit à nouveau en place «avec, par exemple, un enrochement sur l'extrémité rocheuse de la pointe de Toulhars». Cette solution permettrait peut-être de diminuer la force dévastatrice des vents de suroît, de plus en plus fréquents lors des tempêtes. Quelles que soient les solutions, la facture, pour sa part, restera certainement salée. ( Le Télégramme 12/02/2002 rubrique Larmor-Plage)

L’hiver suivant, nouvelles tempêtes, nouvelles brèches dans la digue, le fait nouveau est qu’il y a apparition d’une inquiétude concernant les risques engendrés par les projets de protection.

Digue de la Nourriguel : une brèche dans le mur de soutien

La digue de la Nourriguel a de nouveau souffert durant les dernières tempêtes, à tel point qu'une brèche s'est ouverte dans le mur de soutien, à l'extrémité du boulevard, à l'angle de la rue du Soleil. «Nous avons aussitôt procédé à un enrochement de fortune», explique Philippe Chartier, le directeur des services techniques qui a constaté la disparition de nombreuses pierres tout le long de la digue «y compris sur les parties déjà consolidées ». L'idée d'une solution par enrochement refait son apparition chez certains Larmoriens; d'autres habitants craignent dans ce cas des conséquences au niveau de l'ensablement de la plage de Toulhars comme de la grève de la Nourriguel. (Le Télégramme 22/01/2003 rubrique Larmor-Plage)



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Commentaires

La nourriguel

J’ai bien lu  votre dossier sur la nourriguel et  pour le compléter  étant intéresse par tout ce qui touche à la cote avec quelques cartes postale j’ai fait un montage qui montre bien que  l’érosion ne date pas d’hier et  on peux constater en effet que le sable est beaucoup descendu  si on avait fait le même montage pour la plage du kernevel on aurait l’inverse

 

Pour info sur mon site » kernevel bienvenue » que vous m’avez fait l’honneur de mettre en lien sur votre site j ai rajoute une petite video sur la destruction d’une maison au kernevel .triste a mon gout

 


jean herve | Le Samedi 13/10/2007 à 20:49 | [^] | Répondre

Re: La nourriguel

Jean hervé, la construction des "protections" de la petite falaise est certainement une des causes de la disparition du sable, même si ce n'est certainement pas la seule. Le rapport EUROSION souligne le creusement des plages en avant des digues de protection, car c'est l'érosion de la côte qui produit une partie du renouvellement du sable de la plage.

Ce sujet n'a pas fini d'alimenter les conversations et le portefeuille des contribuables, car l'élévation du niveau de la mer et les phénomênes météo dus au réchauffement emplifie ce phénomêne.

merci pour le commentaire documenté et illustré, j'espère que d'autres larmorien trouverons dans leurs archives des documents ou des anecdotes pour nous permettre de mieux connaître l'histoire de Larmor

 


Quoique | Le Samedi 13/10/2007 à 23:56 | [^] | Répondre

 

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