Fév. 07 22

Version imprimable Mais qui est Lafarge ?

Sable, le Peuple des dunes contre Lafarge

Nous connaissons l'image que donne la communication du groupe, mais y-a-t'il d'autres éléments nous permettant de mieux comprendre sa manière de fonctionner et la confiance à accorder à ses déclarations ?

 

Un recherche sur Google, donne quelques informations qui nous apportent un éclairage "un peu" différent de ce que veux nous faire croire la communication lisse du groupe.

Lafarge condamné pour entente sur les prix



Le 27 novembre 2002, le groupe Lafarge est condamné collectivement, avec trois autres entreprises, pour cartel par la Commission européenne pour une entente sur le prix des plaques en plâtre sur les marchés français, britanique, allemand et du Benelux, de 1992 à 1998. Lafarge avait eu la plus lourde amende, 250 millions d’euros ! Fin janvier 2007 ces entreprises sont à la barre pour présenter leur défense devant le Tribunal de première instance de la Cour européenne de Justice, à Luxembourg. La décision n’interviendra que dans plusieurs mois.

Le groupe est «en bonne forme»

C'est la première fois que les résultats de Lafarge, dont le chiffre d'affaires 2006 a connu une progression de 16,6% à 16,9 milliards d'euros, seront présentés par le nouveau directeur général Bruno Lafont, arrivé il y a un an à la tête du groupe. L'une de ses premières actions a été de mettre en place un plan stratégique baptisé "Excellence 2008", prévoyant de réduire les coûts de 400 millions d'euros d'ici 2008, de dégager 1,5 milliard de capacités d'autofinancement supplémentaire sur trois ans et de revoir à la hausse ses objectifs de croissance.

Selon lui, "le vecteur principal" de la croissance du groupe dans les prochaines années sera le ciment. De fait, les résultats du groupe sont tirés par l'activité ciment dont le chiffre d'affaires en 2006 est en hausse de 16% à 8,84 milliards d'euros. Lié à cette activité, le chiffre d'affaires du secteur granulats et béton fait un bond de 19,6% à 6,43 milliards d'euros. (batiweb)

Le Pdg de l’époque Bertrand Collomb, dans un entretien aux Echos (2003), reconnaissait des «des comportements inacceptables» des équipes allemandes du groupe, sur une entente avec la concurrence sur les prix du ciment !



Au sujet de l'accusation de la Commission européenne sur la constitution d'un "cartel de longue durée dans le marché des plaques de plâtre", Bertrand Collomb est vindicatif et considère l'amende de 249,6 millions d'euros infligée à son groupe comme "disproportionnée". Elle concerne en effet les marché allemand et anglais où le volume d'affaires du groupe avoisine les 100 millions d'euros. "L'amende n'est donc pas tout proportionnée à la faute supposée, mais à la taille de celui censé l'avoir commise. Cette logique ne nous paraît pas équitable et doit, selon nous, pouvoir également être remise en cause devant le tribunal" déclare Bertrand Collomb. Sur ce dossier, Lafarge considère "que les seuls éléments critiquables étaient des échanges d'informations assez générales sur le marché entre industriels". "Peut être n'auraient t'il pas dû être conduits comme ils l'ont été mais ils suppléaient l'absence de statistiques officielles dans la plaque de plâtre" explique Bertrand Collomb.

Plus généralement, le Pdg de Lafarge porte un regard critique sur la façon dont la Commission européenne conduit ses enquêtes. Estimant qu'il existe une confusion des rôles (procureur, juge d'instruction et juge) au sein de la Commission, il souhaite que l'Europe se dote "d'une instance de décision de type juridictionnelle devant laquelle la Commission apporterait ses éléments et ses réquisitions". (batiactu)


Ce dernier point est intéressant lorsque le même groupe présente les conclusions du bureau d’étude Seamer sur le site de communication du Groupe sur le projet d'extraction de sable "Sud Lorient" :


Pendant la phase du PER (permis exclusif de recherche), des études de géomorphologie ont été menées pour mesurer l'impact de l'extraction sur le littoral. Elles ont clairement démontré l'absence de conséquences sur la ligne de côte
- le bureau d'études Seamer a prouvé, par le biais d'une modélisation mathématique, que l'extraction ne présentait aucun risque pour le littoral, et n'en accentuait pas l'érosion naturelle. En effet, les courants maritimes étant nuls sur la zone, il n'y a aucun mouvement de sable entre la plage et la zone d'extraction, que ce soit dans un sens ou dans l'autre,
- Les analyses des experts sont donc formelles : l'extraction des granulats marins sur la zone ne dégraisserait pas les plages des côtes environnantes.

Le fait que Seamer soit affrété par Lafarge ne semble pas les gêner le moins du monde !!

On comprend que Lafarge habitué aux «tractations de l’ombre» et à une communication "stratégique" ne soit pas à une contradictions près, le groupe veut son permis d'exploiter, pour augmenter son bénéfice et satisfaire ses actionnaires (programme ordinaire d'une entreprise), le reste n'est que du vent. Comme pour les amendes pour entente, l'entreprise provisionnera une somme pour risque...

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