Le trait de côte doit il être défendu ?
Par Bruno Corpet
La semaine dernière, après une suite de coups de vent violents, j’ai été prendre une série de photos sur la dune de l’anse de Kerguélen à Larmor-Plage. L’impact des vagues et le recul du trait de côte est bien visible.

Larmor-Plage Kerguelen, photo Bruno Corpet 2006

Larmor-Plage Kerguelen, photo Bruno Corpet 2006
L'illustration est instructive car elle montre que le recul est bien en cours, mais aussi que la dune a déjà été réhaussée avec du remblais et des renforcements en béton.

Larmor-Plage Kerguelen, photo Bruno Corpet 2006
Que trouvons nous dans le SCOT du pays de Lorient sur le sujet ?
Le document «Evaluation environnementale» page 30, donne plusieurs informations :
Les prévisions pour la fin du XXI ème sieècle (source : Commission intergouvernementale sur l’évolution du climat) amênent à penser que des dommages significatifs sont à craindre notamment au niveau des zones submersibles (marais arrière-dunaires), des structures sédimentaires sableuses (plages, flêches sableuses, cordons et massifs dunaires, tombolos...) ainsi qu'au niveau des ouvrages côtiers :
- Elévation du niveau de la mer (+ 50 cm avec une marge d’incertitude de plus ou moins 30 cm) et donc accentuation de l’énergie des houles ;
- Accélération de la circulation atmosphérique (tempêtes plus fréquentes et périodes de retour des surcotes plus courtes).
Il est indiqué aussi :
Le SCoT prend en compte ces risques :
- en préconisant des Plans de Prévention des Risques Littoraux (en cas de risque de submersion marine).
- en mettant en œuvre des mesures de préservation des biens et des personnes qui privilégient les techniques douces (techniques alternatives au durcissement du trait de côte).
- en poursuivant la réhabilitation des espaces naturels littoraux (dunes et falaises),
- en analysant les incidences des opérations de dragage des secteurs portuaires sur la modification des rivages.
- en proposant que les PLU indiquent les mesures et les dispositifs nécessaires en cas de risques avérés dans une bande de + 5 m NGF, et en recommandant aux communes d'élargir la bande des 100 m non urbanisable au delà des limites actuellement définies.
* NGF veut dire Nivellement Général de la France : le zéro NGF correspond au zéro du marégraphe de Marseille, correspondant au niveau moyen des marées à Brest.
L'incidence des indications du SCOT sur le territoire de la commune de Larmor sont importantes et imposent la création d'une carte montrant, y compris dans la zone urbanisée, la surface du territoire de la commune située à moins du + 5 m NGF. La défense de la situation du actuelle du trait de côte, notamment à Kerguélen, va avoir un coût qui risque de devenir une charge extrêmement imporante sans assurance d'efficacité.
Cette remarque m'apparait d'autant plusà prendre en compte, lorsque l'on sait qu'il y a un revirement des experts et des autorités sur ce sujet. Il est maintenant admis qu'il faut laisser faire la nature et prévoir la destruction des habitations menacées. Il est aussi, comme il est indiqué dans le SCOT du pays de Lorient, indiqué qu'il existe des secteurs à forte densité qu'il faudra défendre, mais jusqu'à quel niveau de coût ?
Le PLU d'une commune littoral et côtière comme Larmor-Plage peut-il faire l'impasse sur ces données ?
N'y a-t-il pas une obligation à ne plus construire ou reconstruire sur toutes les parcelles située à + ou - 5 m NGF, sous peine d'avoir un jour à rendre des comptes?
Bruno Corpet
Mots-clés : littoral, environnement, urbanisme








