Nov. 07
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Larmor-Plage, souvenirs de Louis Edelin -4
Activités à Larmor suite
LARMOR-PLAGE
Souvenirs de Louis EDELIN -4
Par JACQUES NERROU
Par JACQUES NERROU
Activités à Larmor (suite)
Mes parents vinrent s'établir dans un commerce de débit de boissons qu'ils rachètent à Monsieur Guyomard sur la place de l'église. J'étais alors âgé de 3 ans. Ils édifièrent sur le devant un bâtiment de deux étages, plus un étage mansardé, et dans la cour une grande salle avec au-dessus 4 chambres. Les chambres disponibles, en dehors de leur habitation personnelle, étaient louées à l'année comme cela se faisait alors. La location de la pièce était sur une base annuelle soixante à quatre-vingt francs.

En 1895, ils transformèrent cet établissement en hôtel restaurant. Ils furent les premiers à recevoir des estivants, et les chambres, dont ils disposaient, au nombre de douze, ne suffirent pas pour répondre aux demandes qui allaient croissant d'année en année. On pouvait compter soixante à quatre-vingt pensionnaires, dont la plus grande partie logeait chez l'habitant. C'étaient surtout des Parisiens; le voyage aller-retour en chemin de fer coûtait trente trois francs valable 1 mois avec faculté de prolongation jusqu'à 90 jours.
Ces premiers "estivants", en pension complète pour cinq francs par jour, avaient le petit-déjeuner, le déjeuner, le dîner et la chambre à coucher. Le midi, on servait deux hors d’œuvre au moins, avec crevettes bouquet ou homard, un poisson, une viande en sauce, généralement un rôti, accompagnée de légumes, dessert, avec cidre, vin blanc et vin rouge sur la table, et l'assiette de beurre salé. Le soir, il y avait un potage, un poisson, une viande et ses légumes, fromage ou dessert. Les spécialités étaient le homard au cari, la langouste à l'américaine, et bien entendu tous les produits de la mer. C'était la vie de cocagne.
Port Maria, alors très ensablée, était la plage de prédilection des habitués, les Lorientais. Avant 1900, la propriété Vilain comportait au bas et à gauche de l'avenue actuelle de la plage, un établissement commercial dénommé pompeusement "Casino". Il était exploité pendant la belle saison par le patron du café "Louis XIV" de Lorient. C'était plutôt une maison de rendez-vous, où le dimanche, sous une terrasse couverte, jouait un orchestre de trois ou quatre musiciens. La clientèle pouvait y prendre des consommations. Un autre établissement avec des cabines de bains était aménagé sur le sable, moyennant une redevance payée aux Domaines. Mes parents en devinrent propriétaires pendant de nombreuses années. Les dimanches d'été, une foule extraordinaire s'acheminait sur les plages du Kernével à Kerpape, et le soir, c'est en chantant que les groupes regagnaient leurs logis, heureux d'avoir passé une bonne journée. Les estaminets nombreux les recevaient avec leurs provisions et les tonnelles refusaient du monde. Le "pur jus" était la boisson la plus demandée. Crabes et charcuterie avaient de nombreux amateurs.

Madame Le Bozec succéda à mes parents, puis ce fut Monsieur Caillaud qui en fit un établissement en dur supprimant les cabines de bains. Dans ces cabines, on s'y changeait et on pouvait y prendre des bains d'eau de mer chauds. Le "Casino" disparut rapidement et les bâtiments furent vendus. Les époux Besne en devinrent propriétaires et l'ensemble fut loti.
Les dernières usines bâties à Larmor furent l'usine d'iode et l'usine Le Coustumer. L'usine d'iode, située à proximité du terrain des sports, dont le directeur était Louis Edelin, fabriquait de l'iode et de la soude à partir des algues achetées aux goémonniers à cheval de Plozévet dans le Finistère. Cette usine fermera ses portes dans les années 1950. L'autre, l'usine Le Coustumer, à l'emplacement de l'actuelle Poste, fabriquait la fameuse andouille "Tristell" dite de Guémenée. Dans les années 1960, elle ferme ses portes et s'installe à Lorient.
Larmor et le Kernével étaient indissociables.
Là aussi, il y avait beaucoup d'activités. On y trouvait deux usines de conserves, plus une verrerie qui se tenait près du petit phare et une usine de transformations d'engrais. Cet engrais était fait à partir de l'étêtage des poissons. Les deux usines étaient dirigées par Monsieur Laureau, un ingénieur chimiste qui vécut ses derniers jours à Larmor et y mourut en 1926. Il s'était passionné pour la faune marine, et ce que l'on pouvait en extraire. Dans cet ordre d'idée, il remarqua que les petites algues, nommées vulgairement "Globulus", bien que séjournant toujours dans la mer, présentaient un caractère d'étanchéité parfaite. Ses constatations furent le point de départ de recherches qui devaient amener à l'élaboration de produits à incorporer aux matériaux de construction pour éviter l'humidité. Ce produit fucose fut employé avec succès pour parer aux infiltrations lors de la construction à Paris de la ligne de métro passant sous la Seine :"La Cité". Le brevet fut acheté et exploité par une firme bordelaise.
Au petit port du Kernével débarquaient des voiliers caboteurs, y amenant le sel et l'huile destinés aux usines et presses du littoral, sans oublier les ateliers de salaisons dans différents magasins. Ce sel, exempt de droits de circulation, était placé sous la surveillance constante d'un effectif de douaniers important. Ils étaient une douzaine au Kernével et une dizaine à Larmor, logés en caserne. Le receveur des Douanes avait son bureau au Kernével.
Le commerce y était florissant, car pendant l'hiver, les ouvriers boîtiers fabriquaient et soudaient à la main les boites de conserves pour la saison suivante. Des effectifs importants de femmes y étaient employés, il en venait même de l'extérieur durant la saison d'été.
Les sabliers à voiles raclaient sur le littoral le sable et les galets, destinés à certaines constructions, et déchargeaient la récolte au Kernével. C'était un métier pénible, surtout en hiver, car les hommes pendant le chargement étaient sommairement vêtus. Les mannes étaient portées à l'épaule et acheminées sur un madrier posé d'un bout sur le sable, et l'autre sur le plat bord du bateau. Ce dernier, bateau creux à deux voiles, était chargé de 4 à 5 mètres cube suivant le temps. Au retour, le déchargement se faisait à la pelle, sur des quais souvent très surélevés par rapport au bateau en raison de la marée.
Il y avait quelques langoustiers, armés localement, qui faisaient des marées d'une dizaine de jours sur le plateau de Rochebonne et autour de Belle île. Ils disparurent avant 1939. En raison de sa situation dans la rade, le Kernével était un lieu d'hivernage sûr, très fréquenté par les bateaux de Lomener et Kerrock ainsi que par plusieurs thoniers groisillons.
Comme à Larmor, il y avait un commerce local pour ces marins: une boulangerie, deux épiceries, un tabac, et cinq ou six estaminets. Des bateaux voiliers faisaient une navette avec Lorient La Perrière et Port Louis. Le samedi, les habitants s'approvisionnaient pour la semaine au marché de Port Louis. Le passeur, un nommé Botlanne, avec un bateau à voiles pouvant transporter 7 ou 8 personnes par voyage, assurait un service sans horaire régulier.
La dernière usine de conserves du Kernével ferma ses portes entre les deux guerres.
Mots-clés : Larmor-Plage
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Hôtel Edelin
Bonjour à tous
vous venez de lire ce texte sur Larmor qui peut me dire où se situait l'hôtel Edelin ?
le bâtiment existe t-il encore?
merci de vos réponses
Jacques Nerrou