Nov. 07
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Larmor-Plage, souvenirs de Louis Edelin -3
Activités à Larmor
LARMOR-PLAGE
Souvenirs de Louis EDELIN
Par JACQUES NERROU
Par JACQUES NERROU
Activités à Larmor
Petit port de pêche comptant quelques sardiniers, des pêcheurs aux casiers et quelques ligneurs. Trois usines restaient en activité: Le Bras, Bourgeois et Simonnet à Port Maria. Ces usines travaillaient exclusivement le poisson (sardines, thons, anchois, sprats et maquereaux). Ces établissements, reliquat des 12 ou 15 usines, qui existèrent autrefois, ont fermé leurs portes. A Toulhars, on trouvait Billet Lemy, un marchand de vin en gros, Eugène Le Bras, un marchand de rogues, dont le successeur fut Monsieur Gérard, plusieurs épiceries merceries et une dizaine de débits de boissons.
Et pourtant, qu'elle était belle la rade de Larmor, quant au soleil couchant, les bateaux sardiniers, tous voiliers, dont le nombre dépassait souvent la cinquantaine, au mouillage pour la nuit, séchaient à bout de mâts, les filets bleus si légers ayant servi dans la journée. De la pointe des Blagueurs, dominant les quais, et la mer, c'était un spectacle merveilleux. Ces bateaux venaient de Gâvres, Riantec, Etel, Concarneau et après une bonne cotriade à terre, les marins passaient la nuit à bord, protégés par la misaine tendue entre deux avirons leur servant ainsi de tente abri. Au petit matin, ils repartaient vers les coureaux de Groix.

Ce coin était fréquenté à longueur de journée. Rendez-vous des marins pêcheurs, des marchands détaillants qui s'en allaient, vers la ville ou les campagnes environnantes, porter le poisson qu'ils avaient acheté; C'était aussi le rassemblement des hommes appartenant à toutes les classes de la société. Du négociant à l'ouvrier, du prêtre à l'athée, on y discutait ferme, surtout à la saison estivale car la population augmentait, du fait que de nombreux Lorientais avaient un logement à Larmor habité pendant 2 ou 3 mois. Tout le monde se connaissait alors.
En dehors des usines absorbant une grande partie de la pêche, des petites marchandes au panier, en voitures à bras traînées par des chiens, et quelques camionnettes traitaient à l'encan avec les pêcheurs. Pas de criée, mais le dernier enchérisseur s'adjugeait la pêche du bateau. Les uns et les autres pouvaient emporter les quelques 40000 à 50000 sardines vendues à Lorient ou dans les campagnes et bourgs environnants. "A la Belle" "A la fraîche" tel était le cri de ces marchands ambulants ou bien la corne annonçant leur venue. La création du port de Lorient interdisant la vente directe dans les ports côtiers avoisinants, le ravitaillement s'avérant impossible ces petits marchands disparurent.
A la pointe des Blagueurs, les équipages qui mouillaient en rade, prenaient un repas consistant en une cotriade, chez la "Mère Jaffro" qui tenait un café et vendait un peu de poisson. La Cotriade est un menu fait de poissons cuit avec pommes de terre et aromates dans des récipients de fonte qui ne servaient qu'à cela. C'était assez pittoresque. Après que le préposé à la cuisine eût préparé le repas, il trempait la soupe sur laquelle s'étalaient des oignons frits au beurre ou à la graisse de porc et la grande cocotte de fonte contenant le poisson et les pommes de terre était portée sur la table - assaisonnement 1 ou 2 soucoupes avec du vinaigre et du poivre. Pas d'assiette, chacun avec son couteau mettait sur son pain le poisson et avec la pointe cueillait un morceau de pomme de terre. Pas de verre non plus, mais sur le parquet entre les deux pieds, une bouteille de cidre chacun et on buvait à même la bouteille. La soupe se mangeait en fin de repas. Le récipient la contenant était au centre de la table, et chacun y trempait sa cuillère.

Cette pointe des Blagueurs était bordée d'une part par l'usine Bourgeois, très ancienne bâtisse, dont la construction remontait à plus d'un siècle. Le chemin de ronde possédait un mur dont la partie supérieure était en pierre de taille arrondie et dont il existe encore des vestiges. Ce fut d'ailleurs l'objet d'un litige assez sérieux entre la commune et les riverains. En suivant ce chemin, on trouvait le corps de garde des Douanes et la place au sel, terrain vague, qui tirait son nom des établissements qui se tenaient à proximité immédiate où se faisaient beaucoup de poissons salés car, comme je l'ai déjà dit, les usines ou presses étaient nombreuses, où se trouvent actuellement les propriétés Le Corre, Le Bras "Les Rafales", les Sœurs de la Sagesse, l'ancienne cidrerie Guyomard-Romieux.
Larmor était un village de pêcheurs. Il y avait peu de laboureurs, seule une ferme, exploitée par la famille Scanvic, bordait la rue actuelle dite du Presbytère où se trouve maintenant la villa de la famille De Kersauzon. Sur la pointe de roche où l'abbé Morcrette édifia l'immeuble qui surplombe la mer, on vannait le grain.
Mots-clés : Larmor-Plage








