Oct. 07
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La protection de La Nourriguel, bonne ou mauvaise solution ?
Par Bruno Corpet
Montée de la mer, le recul inéluctable de la côte
Les propriétaires des villas situées sur le littoral et les décideurs seraient avisés de lire l'article "Quand la mer monte" paru dans Libération le 30 octobre, en rubrique "Futurs". Nous ne sommes pas en Caroline du nord, mais certains lieux proches du rivage de nos côtes bretonnes sont, ou serons bientôt concernés. A Larmor-Plage, le problème est déjà palpable avec La Nourriguel, d'autres sites sont aussi concernés à plus ou moins brève échéance, il suffit de consulter la liste des habitations situées à moins de 6 mètres au dessus du niveau de la mer (Locmaria, Kerguélen, ...).
Si l'on se réfère cette expérience américaine, à La Nourriguel, le kaolin mis sur la grève risque de n'être qu'une protection limitée dans le temps, sa disparition, à plus ou moins long terme, posera clairement le problème de savoir quelles sommes la collectivité est prête à débourser en pure perte.
Les propriétaires des villas situées sur le littoral et les décideurs seraient avisés de lire l'article "Quand la mer monte" paru dans Libération le 30 octobre, en rubrique "Futurs". Nous ne sommes pas en Caroline du nord, mais certains lieux proches du rivage de nos côtes bretonnes sont, ou serons bientôt concernés. A Larmor-Plage, le problème est déjà palpable avec La Nourriguel, d'autres sites sont aussi concernés à plus ou moins brève échéance, il suffit de consulter la liste des habitations situées à moins de 6 mètres au dessus du niveau de la mer (Locmaria, Kerguélen, ...).
Si l'on se réfère cette expérience américaine, à La Nourriguel, le kaolin mis sur la grève risque de n'être qu'une protection limitée dans le temps, sa disparition, à plus ou moins long terme, posera clairement le problème de savoir quelles sommes la collectivité est prête à débourser en pure perte.
Quelques extraits instructifs :
De toute façon, dans un mois ou dans deux ans, la mer aura raison des villas de la côte. Elle s’attaquera d’abord aux plus chères, celles qui valent (encore) 2 ou 3 millions de dollars, car situées en front de mer. Déjà, certaines ne tiennent debout que par la grâce d’énormes sacs de sable érigés depuis des années en murs défensifs face aux vagues.
Pour Orrin Pilkey, professeur en sciences de la terre :
«N’essayez pas de contrer la mer par des jetées ou des digues, de reconstituer des plages, de maintenir des passes pour les bateaux entre les îles quand le sable les comble. Ces aménagements sont vains car ils ne tiendront pas, et ils aggravent l’érosion autour d’eux en repoussant les courants ailleurs.»
Rob Young, de la Western Carolina University, a été consulté par le Congrès sur l’usage des fonds fédéraux pour la reconstruction des zones détruites :
«Les aménagements côtiers imbéciles et mal conçus ont coûté plus de 100 milliards de dollars aux contribuables américains ces cinq dernières années, fulmine Young. La valeur d’un terrain serait infiniment moindre si l’acheteur savait qu’il allait devoir payer pour remplacer tous les deux ans les routes et les infrastructures.»
Des chercheurs sont découragés :
A quoi servent donc toutes ces études dont nul ne tient compte ? Un brin découragé, Orrin Pilkey disait l’an dernier à un journaliste : «On bosse dur pour expliquer, mais on ne peut que constater un désintérêt total pour la science.» Rien à faire, selon lui, pour contrer les raisons politiques, économiques et affectives qui poussent à construire et à s’accrocher aux plages.
D'autres plus jeunes, ont pour objectif de créer :
L'article de sur le site de Libérationcréer un outil informatique capable de prédire les transformations du littoral, notamment en fonction du comportement des acteurs locaux. Aux données hydrodynamiques et morphologiques, ils ajoutent des éléments climatiques, financiers, architecturaux, paysagers, et même législatifs, ils touillent le tout avec des équations mathématiques, et obtiennent une modélisation très pointue. «En ajoutant une interface ludique, notre modèle pourrait être utilisé comme outil d’aide à la décision. On pourrait choisir parmi plusieurs scénarios climatiques et différentes règles d’urbanisme, et regarder comment évolue alors le système côtier.»
Mots-clés : littoral, urbanisme





