Extraction de sable - extrait article IFREMER
Extraits d’un article de l’IFREMER (paru dans la revue Mines et Carrières volume 73, décembre 1991)
Les matériaux marins
Introduction
Lorsque
les ressources terrestres s’épuisent, les hommes se tournent tout
naturellement vers la mer, qu’il s’agisse en premier lieu des
ressources alimentaires de base, mais également des produits minéraux
ou fossiles.
(…)
Les répercussions sur l’environnement
L’exploitation
du fonds de la mer, quels que soient son objectif et les précautions
prises, entraîne des modifications temporaires ou permanentes du milieu
marin. Ce système est complexe et l’interdépendance des facteurs
physiques, chimiques et biologiques est telle que la modification de
l’un deux peut entraîner une évolution irréversible du milieu.
Au cours de l’extraction de granulats, l’eau est le premier élément altéré par création d’une turbidité : en profondeur,
par le passage du bec d’élinde ; en surface, par le rejet des
particules fines avec l’eau de la surverse. Si faible soit-elle, on ne
peut tenir cette turbidité pour négligeable du fait de ses implications
sur la flore et la faune benthiques. Les particules fines vont former
un panache qui, entraîné par les courants, se déposera à nouveau soit
en mer, soit sur le littoral.
A la suite de
l’extraction, il y aura un changement de la morphologie du fonds qui
pourra modifier le régime des courants de fond au voisinage du site
exploité. En modifiant ainsi l’équilibre des sédiments superficiels, auxquels on peut rattacher dans certains cas les sables littoraux, ces extractions pourront provoquer ou aggraver l’érosion côtière,
particulièrement dans le cas d’exploitation à proximité des côtes et
par faible profondeur d’eau. Les excavations peuvent, de plus, rendre
ce secteur temporairement impropre au chalutage.
Les
effets des exploitations sur les ressources biologiques seront soit
immédiates et donc évidentes, soit à long terme, et seul un suivi
sérieux permettra d’en mesurer l’importance.
Parmi les répercussions immédiates, la destruction du peuplement benthique dans la zone d’exploitation, est indéniable.
Cette destruction affecte essentiellement les invertébrés directement
exploitables par l’homme ou sources de nourriture pour certains
poissons. Il convient de citer également le risque de destruction des
frayères pour les espèces qui pondent sur le fond (hareng en Manche
orientale et en mer du Nord), dont l’intérêt commercial est important,
et des nourriceries où se concentrent les jeunes individus ;
Les
répercussions à plus long terme sont moins aisées à mettre en évidence.
Elles sont difficiles à différencier, avec certitude, des variations
saisonnières ou annuelles naturelles. En cas d’exploitation extensive,
les changements notables dans la répartition des différents substrats
modifieront les relations avec les peuplements qui leur sont associés.
En particulier, les creusements effectués à travers des dépôts de
sédiments fins pour atteindre les graviers sous-jacents laisse des
traces durables. Or les peuplements les plus productifs se trouvent sur
ces sédiments fins . La sédimentation de particules fines, remises en
suspension lors du dragage, et concentrées par les courants de fond,
peuvent également changer la nature du substrat.
C’est
pourquoi, une étude d’impact détaillée doit être effectuée avant toute
exploitation de granulats marins. Elle doit comporter au moins :
- Une reconnaissance géologique précise du site et de ses ressources ;
- des mesures des conditions hydrodynamiques ;
- une détermination de la richesse benthique ;
une enquête sur les activités halieutiques ou aquacoles.
Mots-clés : sable





