Fév. 07 02

Version imprimable Extraction de sable - extrait article IFREMER


Extraits d’un article de l’IFREMER (paru dans la revue Mines et Carrières volume 73, décembre 1991)

Les matériaux marins

Introduction
Lorsque les ressources terrestres s’épuisent, les hommes se tournent tout naturellement vers la mer, qu’il s’agisse en premier lieu des ressources alimentaires de base, mais également des produits minéraux ou fossiles.
(…)

Les répercussions sur l’environnement
L’exploitation du fonds de la mer, quels que soient son objectif et les précautions prises, entraîne des modifications temporaires ou permanentes du milieu marin. Ce système est complexe et l’interdépendance des facteurs physiques, chimiques et biologiques est telle que la modification de l’un deux peut entraîner une évolution irréversible du milieu.

Au cours de l’extraction de granulats, l’eau est le premier élément altéré par création d’une turbidité : en profondeur, par le passage du bec d’élinde ; en surface, par le rejet des particules fines avec l’eau de la surverse. Si faible soit-elle, on ne peut tenir cette turbidité pour négligeable du fait de ses implications sur la flore et la faune benthiques. Les particules fines vont former un panache qui, entraîné par les courants, se déposera à nouveau soit en mer, soit sur le littoral.

A la suite de l’extraction, il y aura un changement de la morphologie du fonds qui pourra modifier le régime des courants de fond au voisinage du site exploité. En modifiant ainsi l’équilibre des sédiments superficiels, auxquels on peut rattacher dans certains cas les sables littoraux, ces extractions pourront provoquer ou aggraver l’érosion côtière, particulièrement dans le cas d’exploitation à proximité des côtes et par faible profondeur d’eau. Les excavations peuvent, de plus, rendre ce secteur temporairement impropre au chalutage.

Les effets des exploitations sur les ressources biologiques seront soit immédiates et donc évidentes, soit à long terme, et seul un suivi sérieux permettra d’en mesurer l’importance.

Parmi les répercussions immédiates, la destruction du peuplement benthique dans la zone d’exploitation, est indéniable. Cette destruction affecte essentiellement les invertébrés directement exploitables par l’homme ou sources de nourriture pour certains poissons. Il convient de citer également le risque de destruction des frayères pour les espèces qui pondent sur le fond (hareng en Manche orientale et en mer du Nord), dont l’intérêt commercial est important, et des nourriceries où se concentrent les jeunes individus ;

Les répercussions à plus long terme sont moins aisées à mettre en évidence. Elles sont difficiles à différencier, avec certitude, des variations saisonnières ou annuelles naturelles. En cas d’exploitation extensive, les changements notables dans la répartition des différents substrats modifieront les relations avec les peuplements qui leur sont associés. En particulier, les creusements effectués à travers des dépôts de sédiments fins pour atteindre les graviers sous-jacents laisse des traces durables. Or les peuplements les plus productifs se trouvent sur ces sédiments fins . La sédimentation de particules fines, remises en suspension lors du dragage, et concentrées par les courants de fond, peuvent également changer la nature du substrat.

C’est pourquoi, une étude d’impact détaillée doit être effectuée avant toute exploitation de granulats marins. Elle doit comporter au moins :
- Une reconnaissance géologique précise du site et de ses ressources ;
- des mesures des conditions hydrodynamiques ;
- une détermination de la richesse benthique ;
une enquête sur les activités halieutiques ou aquacoles.


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