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Retour sur les élections municipales de 2001 ( source Ouest-France)
Premier tour - Ballottage, les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages peuvent se maintenir.
Inscrits: 6952 - Votants: 4681 - 67,33% - Exprimés: 4557 - 97,35%
1- Larmor ensemble: 1867 (40,97%) Victor Tonnerre
2- Larmor démocratie: 1500 (32,92%) Georges Jégouzo
3- En avant pour les Larmoriens: 736 (16,15%) Pierre-Yves Cado
4- Redonnons des couleurs à Larmor: 454 (9,96%) Jean-François Le Bagousse
Avant le deuxième tour, la liste de Pierre-Yves Cado se retire.
Deuxième tour
Inscrits : 6952 - Votants: 4998 - 71,89% - Exprimés: 4781 - 95,66%
1- Larmor ensemble: 24 élus (2884 - 60,32%) Victor Tonnerre
2- Larmor démocratie: 5 élus (1897 - 39,68%) Georges Jégouzo Mots-clés : municipales
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN -6
1925-1935
Mandat d'Adolphe Coutillard
Ce conseil municipal fit face à de nombreuses difficultés. L'une d'elles fut la bataille menée contre la Marine.
Depuis 1901, un polygone de tir, de 500 mètres de long sur 100 mètres de large, était implanté à Kercavès au profit de la garnison de Lorient. Un pavillon rouge était hissé, le clairon sonnait. L'alerte était donnée. Chacun savait que les tirs allaient commencer. Les paysans abandonnaient les travaux des champs, rentraient les bétails et attendaient la fin des tirs. Ce type d'activités ne pouvait aller au sein d'une commune qui voulait mettre en valeur le tourisme. De plus, il fallait franchir cette zone pour aller à Lorient-Plage en cours d'aménagement. Un an plus tard, le 26 juillet 1926, le Préfet du Morbihan prend un Arrêté interdisant les tirs. Les Ministères de la Guerre et de la Marine intervinrent et l'Arrêté annulé le 26 septembre 1926.
En protestation, un jour que le drapeau fut hissé, que le clairon eût sonné, Adolphe Coutillard, son écharpe tricolore à la ceinture, se présenta sur le champ de tir. A l'officier qui l'interrogea, il répondit: "vous avez devant vous le premier magistrat de la commune. Si vous avez envie de tirer, faites-le". La séance fut annulée. La presse s'empara de l'affaire, le public satisfait, les hautes autorités averties. La décision fut alors prise de déclassé le champ de tir et de le rendre à la culture. Il fut demandé la remise de cette bande de terre à la commune. Refus de l'autorité militaire qui envisageait l'établissement d'un aérodrome qui ne se fit jamais. Le terrain fut vendu à un entrepreneur lorientais.
Mais à la fin de la guerre 1939/1945, la nécessité de reloger les Lorientais sinistrés fit que le Ministère des Anciens Combattants s'aliéna le terrain de Kercavès et y construisit des baraquements provisoires, dont certains existaient encore dans les années 1970.
Le second mandat d'Adolphe Coutillard se poursuivit jusqu'en mai 1935. Louis Edelin, alors adjoint au Maire, en désaccord avec ce dernier, démissionna et fut remplacé par Jean Louis Penverne.
Election de Louis Edelin
En 1935, il y eut 2 listes la liste Union Nationale de Julien Roperch et la liste de l’Union des Gauches présentée par Louis Edelin. La liste de l’Union des Gauches fut élue toute entière et les élus se nommaient : Edelin 293 voix ; Causer 261 voix ; Evanno 268 voix ; Guégan 242 voix ; Guigen 258 voix ; Le Bastard 242 voix ; Le Coroller 252 voix ; Le Darz Jh 253 voix ; Le Darz Yves 261 voix ; Le Gale 235 voix ; Le Guen 260 voix ; Mercier 270 voix ; Le Pogam 250 voix ; Le Roux 247 voix ; Ridau 260 voix. La liste d’Union Nationale n’eut aucun élu. Louis Edelin fut élu Maire de Larmor en mai 1935, fonction qu'il occupa jusqu'au 17 novembre 1945.
La guerre finie, Larmor était sinistrée à près 60 %.
Liste des maires de Larmor-Plage
De sa création à nos jours, Larmor aura connu 9 maires :
1 1925-1935 Adolphe Coutillard
2 1935-1945 Louis Edelin
3 1945-1948 Maurice Mercier (démissionnaire),
4 1948-1957 Jules Le Guen (décédé en cours de mandat)
5 1957-1965 Louis Hervé
6 1965-1977 Eugène Rémilly
7 1977-1989 Edmond Le Coz
8 1989-2001 Georges Jégouzo
9 2001- (second mandat en cours) Victor Tonnerre
Louis Marie EDELIN
Naissance le 10 mars 1891 au Kernével, commune de Ploemeur Morbihan.
Décès le 23 novembre 1984 à Larmor-Plage.

Maire de Larmor-Plage du 10 mai 1935 au 17 novembre 1945
Président de la Délégation spéciale chargée des premières élections municipales de Larmor-Plage le 3 mai 1925
Croix de Guerre 14/18
Médaille coloniale "agrafe Maroc"
Palmes Académiques
La devise de Larmor-Plage
" Bon vent à qui me salue"
Cette devise vient du salut des navires à Notre Dame de Larmor. Nul ne sait de quand date exactement cette tradition,. La chapelle de Larmor était un lieu de pèlerinage de marins et, tous les ans, ceux-ci demandaient la protection de la Vierge lors de la bénédiction de la mer. Aujourd’hui, cette cérémonie a lieu dans les coureaux sous Groix.
Cette coutume fut portée aux bâtiments de la marine royale qui saluaient par trois coups de canons Notre Dame de Larmor et eut une reconnaissance plus importante après le naufrage de la Sémillante en 1855. Le capitaine Jugan, parce qu’il était huguenot, refusa de saluer Notre Dame de Larmor. Son navire, parti de Lorient vers Toulon, embarqua des renforts pour la guerre de Crimée et passant près de Bonifacio, la Sémillante sombra faisant près d’un millier de morts. Ce naufrage fut attribué au refus du salut à Notre Dame de Larmor.
Puis, plus tard, les grosses unités de pêche demandaient protection quand elles partaient pour une longue campagne.
Cette tradition se perpétue pour tous les navires qui partent pour une grande durée. Le bateau salue Notre Dame de Larmor, le drapeau national est hissé sur l'église, le prêtre bénit les navires et, à toutes volées, les cloches rendent le salut, donnant ainsi la protection de la Vierge.
Bibliographie
- Ecrits – Louis Edelin
- Le Pays de Ploemeur et la révolution – Le Pan Hervé et Perron Yannick – Comité d’Histoire du pays de Ploemeur – 2éme édition 1989.
- L’église Notre Dame de Larmor – Office municipal d’action culturelle de Larmor-Plage – 1992
- Carte de Larmor – Réalisation Jacques Nerrou – 2002
- Armoiries Larmor-Plage – Réalisation Jacques Nerrou - 2002
Mots-clés : Larmor-Plage
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN -5
1925 - La séparation
La séparation débuta dans les années 1920. On y trouvait les éléments propices à cet état d'indépendance.
Il y avait une chapelle, érigée en paroisse dès 1912 par le diocèse, un cimetière, une école de plusieurs classes, une place publique, l'éloignement de Ploemeur pour les démarches administratives, le désintéressement des élus de Ploemeur. Tous ces points concordèrent pour la séparation. Le conseil municipal de Ploemeur, dans sa réunion du 3 février 1924, proposa au Ministre de l'Intérieur, le nom de Larmor-Plage pour la nouvelle commune. D'autres noms furent avancés Larmor-sur-Mer, Larmor Kervaugam, mais Larmor-Plage fut retenu pour ne pas confondre la nouvelle commune avec celle de Larmor-Baden près de Vannes.
Carte réalisation Jacques Nerrou (2002)
Une Loi du 2 avril 1925, signée par le Président de la République Gaston Doumergue et par son Ministre de l'Intérieur Camille Chautemps, parait au Journal Officiel du 4 avril 1925. Par cette loi, Ploemeur se trouve amputée de plusieurs de ses villages : Larmor, Kernével, Le Menez, Locqueltas, une partie de Kerguelen, Kerblaisy, Keramzec, Quelisoy, Kermélo, Kerpape, Kercaves, Quehello Congard, Kervogam, Le Moustoir, Les 4 Chemins, Kergouldec, Kerhoas formant la nouvelle commune qui prend le nom de Larmor-Plage.
Cette séparation donne à Larmor-Plage 494 foyers et une population de 1642 habitants.
LOI du 2 avril 1925
Divisant le territoire de la commune de Ploemeur (canton et arrondissement de Lorient, département du Morbihan) en deux communes distinctes, dont les chefs-lieux seront fixés à Ploemeur et Larmor et qui prendront respectivement les noms de ces localités.
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit:
Art 1er - Le territoire de la commune de Ploemeur (canton et arrondissement de Lorient, département du Morbihan est divisé en deux communes dont les chefs-lieux sont fixés à Ploemeur et à Larmor et qui porteront respectivement les noms de Ploemeur et de Larmor-Plage.
Art.2 - La ligne séparative des deux communes est constituée par le tracé teint en rose sur le plan annexé à la présente loi.
Art.3 - Les dispositions qui précèdent recevront leur exécution sans préjudice des droits d’usage et autres qui pourront être respectivement acquis.
Art. 4 - Les immeubles ayant appartenu à l’ancienne commune de Ploemeur deviendront la propriété de la nouvelle commune sur le territoire de laquelle ils se trouveront situés.
Art. 5 - Les biens immobiliers seront partagés entre les deux nouvelles communes, proportionnellement au nombre de feux de chaque territoire.
Art. 6 - Les biens des pauvres seront partagés proportionnellement à la population municipale des nouvelles communes, sous réserve des droits privatifs qui résulteraient d’actes de fondation.
Art. 7 - Les dettes à la charge de l’ancienne commune de Ploemeur seront supportées par les deux nouvelles communes dans la proportion où chacune d’elles de trouve avoir bénéficié du produit des emprunts contractés.
Art. 8 - La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés sera exécutée comme loi de l’Etat.
Fait à Paris le 2 avril 1925,
Gaston Doumergue
Par le Président de la République ;
Le Ministre de l’Intérieur,
Camille Chautemps
Le décret d'application de la Loi paraît le 10 avril 1925 instituant une délégation spéciale chargée de la préparation des élections municipales le 3 mai 1925. Le Président de cette délégation était Louis Edelin, aidé d'Adolphe Coutillard et de Félix Romieux. 2 listes se présentèrent aux suffrages, la liste d’Union Républicaine et des intérêts de Larmor et la liste Socialiste. Il y avait 496 inscrits, dont 368 votèrent. La majorité était de 186.
La liste d’Union Républicaine et des intérêts de Larmor fut élue tout entière et les premiers élus se nommaient : Jean Caignec, 233 voix ; Adolphe Coutillard, 217 voix ; Louis Edelin, 237 voix ; Eugène Guillerme, 234 voix ; Joseph Kerdelhué, 220 voix ; Jean Marie Kermabon, 236 voix ; Yves Labasque, 226 voix ; Jean-Louis Le Clanche, 233 voix ; Jean-Louis Le Darz, 233 voix ; Yves Le Page, 233 voix ; Henri Le Picher, 222 voix ; Jean-Louis Penverne, 226 voix ; Félix Romieux, 233 voix ; Julien Roperch, 240 voix ; Ulysse Rousseau, 234 voix ; Melchior Scanvic. 228 voix. La liste Socialiste représentée n’eut aucun élu.
Ce conseil municipal, premier de la commune de Larmor, élit Adolphe Coutillard, Maire, Félix Romieux et Yves Le Page Adjoints.
Mots-clés : Larmor-Plage
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN -4
Activités à Larmor (suite)
Mes parents vinrent s'établir dans un commerce de débit de boissons qu'ils rachètent à Monsieur Guyomard sur la place de l'église. J'étais alors âgé de 3 ans. Ils édifièrent sur le devant un bâtiment de deux étages, plus un étage mansardé, et dans la cour une grande salle avec au-dessus 4 chambres. Les chambres disponibles, en dehors de leur habitation personnelle, étaient louées à l'année comme cela se faisait alors. La location de la pièce était sur une base annuelle soixante à quatre-vingt francs.
En 1895, ils transformèrent cet établissement en hôtel restaurant. Ils furent les premiers à recevoir des estivants, et les chambres, dont ils disposaient, au nombre de douze, ne suffirent pas pour répondre aux demandes qui allaient croissant d'année en année. On pouvait compter soixante à quatre-vingt pensionnaires, dont la plus grande partie logeait chez l'habitant. C'étaient surtout des Parisiens; le voyage aller-retour en chemin de fer coûtait trente trois francs valable 1 mois avec faculté de prolongation jusqu'à 90 jours.
Ces premiers "estivants", en pension complète pour cinq francs par jour, avaient le petit-déjeuner, le déjeuner, le dîner et la chambre à coucher. Le midi, on servait deux hors d’œuvre au moins, avec crevettes bouquet ou homard, un poisson, une viande en sauce, généralement un rôti, accompagnée de légumes, dessert, avec cidre, vin blanc et vin rouge sur la table, et l'assiette de beurre salé. Le soir, il y avait un potage, un poisson, une viande et ses légumes, fromage ou dessert. Les spécialités étaient le homard au cari, la langouste à l'américaine, et bien entendu tous les produits de la mer. C'était la vie de cocagne.
Port Maria, alors très ensablée, était la plage de prédilection des habitués, les Lorientais. Avant 1900, la propriété Vilain comportait au bas et à gauche de l'avenue actuelle de la plage, un établissement commercial dénommé pompeusement "Casino". Il était exploité pendant la belle saison par le patron du café "Louis XIV" de Lorient. C'était plutôt une maison de rendez-vous, où le dimanche, sous une terrasse couverte, jouait un orchestre de trois ou quatre musiciens. La clientèle pouvait y prendre des consommations. Un autre établissement avec des cabines de bains était aménagé sur le sable, moyennant une redevance payée aux Domaines. Mes parents en devinrent propriétaires pendant de nombreuses années. Les dimanches d'été, une foule extraordinaire s'acheminait sur les plages du Kernével à Kerpape, et le soir, c'est en chantant que les groupes regagnaient leurs logis, heureux d'avoir passé une bonne journée. Les estaminets nombreux les recevaient avec leurs provisions et les tonnelles refusaient du monde. Le "pur jus" était la boisson la plus demandée. Crabes et charcuterie avaient de nombreux amateurs.
Madame Le Bozec succéda à mes parents, puis ce fut Monsieur Caillaud qui en fit un établissement en dur supprimant les cabines de bains. Dans ces cabines, on s'y changeait et on pouvait y prendre des bains d'eau de mer chauds. Le "Casino" disparut rapidement et les bâtiments furent vendus. Les époux Besne en devinrent propriétaires et l'ensemble fut loti.
Les dernières usines bâties à Larmor furent l'usine d'iode et l'usine Le Coustumer. L'usine d'iode, située à proximité du terrain des sports, dont le directeur était Louis Edelin, fabriquait de l'iode et de la soude à partir des algues achetées aux goémonniers à cheval de Plozévet dans le Finistère. Cette usine fermera ses portes dans les années 1950. L'autre, l'usine Le Coustumer, à l'emplacement de l'actuelle Poste, fabriquait la fameuse andouille "Tristell" dite de Guémenée. Dans les années 1960, elle ferme ses portes et s'installe à Lorient.
Larmor et le Kernével étaient indissociables.
Là aussi, il y avait beaucoup d'activités. On y trouvait deux usines de conserves, plus une verrerie qui se tenait près du petit phare et une usine de transformations d'engrais. Cet engrais était fait à partir de l'étêtage des poissons. Les deux usines étaient dirigées par Monsieur Laureau, un ingénieur chimiste qui vécut ses derniers jours à Larmor et y mourut en 1926. Il s'était passionné pour la faune marine, et ce que l'on pouvait en extraire. Dans cet ordre d'idée, il remarqua que les petites algues, nommées vulgairement "Globulus", bien que séjournant toujours dans la mer, présentaient un caractère d'étanchéité parfaite. Ses constatations furent le point de départ de recherches qui devaient amener à l'élaboration de produits à incorporer aux matériaux de construction pour éviter l'humidité. Ce produit fucose fut employé avec succès pour parer aux infiltrations lors de la construction à Paris de la ligne de métro passant sous la Seine :"La Cité". Le brevet fut acheté et exploité par une firme bordelaise.
Au petit port du Kernével débarquaient des voiliers caboteurs, y amenant le sel et l'huile destinés aux usines et presses du littoral, sans oublier les ateliers de salaisons dans différents magasins. Ce sel, exempt de droits de circulation, était placé sous la surveillance constante d'un effectif de douaniers important. Ils étaient une douzaine au Kernével et une dizaine à Larmor, logés en caserne. Le receveur des Douanes avait son bureau au Kernével.
Le commerce y était florissant, car pendant l'hiver, les ouvriers boîtiers fabriquaient et soudaient à la main les boites de conserves pour la saison suivante. Des effectifs importants de femmes y étaient employés, il en venait même de l'extérieur durant la saison d'été.
Les sabliers à voiles raclaient sur le littoral le sable et les galets, destinés à certaines constructions, et déchargeaient la récolte au Kernével. C'était un métier pénible, surtout en hiver, car les hommes pendant le chargement étaient sommairement vêtus. Les mannes étaient portées à l'épaule et acheminées sur un madrier posé d'un bout sur le sable, et l'autre sur le plat bord du bateau. Ce dernier, bateau creux à deux voiles, était chargé de 4 à 5 mètres cube suivant le temps. Au retour, le déchargement se faisait à la pelle, sur des quais souvent très surélevés par rapport au bateau en raison de la marée.
Il y avait quelques langoustiers, armés localement, qui faisaient des marées d'une dizaine de jours sur le plateau de Rochebonne et autour de Belle île. Ils disparurent avant 1939. En raison de sa situation dans la rade, le Kernével était un lieu d'hivernage sûr, très fréquenté par les bateaux de Lomener et Kerrock ainsi que par plusieurs thoniers groisillons.
Comme à Larmor, il y avait un commerce local pour ces marins: une boulangerie, deux épiceries, un tabac, et cinq ou six estaminets. Des bateaux voiliers faisaient une navette avec Lorient La Perrière et Port Louis. Le samedi, les habitants s'approvisionnaient pour la semaine au marché de Port Louis. Le passeur, un nommé Botlanne, avec un bateau à voiles pouvant transporter 7 ou 8 personnes par voyage, assurait un service sans horaire régulier.
La dernière usine de conserves du Kernével ferma ses portes entre les deux guerres.
Mots-clés : Larmor-Plage
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN -3
Activités à Larmor
Petit port de pêche comptant quelques sardiniers, des pêcheurs aux casiers et quelques ligneurs. Trois usines restaient en activité: Le Bras, Bourgeois et Simonnet à Port Maria. Ces usines travaillaient exclusivement le poisson (sardines, thons, anchois, sprats et maquereaux). Ces établissements, reliquat des 12 ou 15 usines, qui existèrent autrefois, ont fermé leurs portes. A Toulhars, on trouvait Billet Lemy, un marchand de vin en gros, Eugène Le Bras, un marchand de rogues, dont le successeur fut Monsieur Gérard, plusieurs épiceries merceries et une dizaine de débits de boissons.
Et pourtant, qu'elle était belle la rade de Larmor, quant au soleil couchant, les bateaux sardiniers, tous voiliers, dont le nombre dépassait souvent la cinquantaine, au mouillage pour la nuit, séchaient à bout de mâts, les filets bleus si légers ayant servi dans la journée. De la pointe des Blagueurs, dominant les quais, et la mer, c'était un spectacle merveilleux. Ces bateaux venaient de Gâvres, Riantec, Etel, Concarneau et après une bonne cotriade à terre, les marins passaient la nuit à bord, protégés par la misaine tendue entre deux avirons leur servant ainsi de tente abri. Au petit matin, ils repartaient vers les coureaux de Groix.
Ce coin était fréquenté à longueur de journée. Rendez-vous des marins pêcheurs, des marchands détaillants qui s'en allaient, vers la ville ou les campagnes environnantes, porter le poisson qu'ils avaient acheté; C'était aussi le rassemblement des hommes appartenant à toutes les classes de la société. Du négociant à l'ouvrier, du prêtre à l'athée, on y discutait ferme, surtout à la saison estivale car la population augmentait, du fait que de nombreux Lorientais avaient un logement à Larmor habité pendant 2 ou 3 mois. Tout le monde se connaissait alors.
En dehors des usines absorbant une grande partie de la pêche, des petites marchandes au panier, en voitures à bras traînées par des chiens, et quelques camionnettes traitaient à l'encan avec les pêcheurs. Pas de criée, mais le dernier enchérisseur s'adjugeait la pêche du bateau. Les uns et les autres pouvaient emporter les quelques 40000 à 50000 sardines vendues à Lorient ou dans les campagnes et bourgs environnants. "A la Belle" "A la fraîche" tel était le cri de ces marchands ambulants ou bien la corne annonçant leur venue. La création du port de Lorient interdisant la vente directe dans les ports côtiers avoisinants, le ravitaillement s'avérant impossible ces petits marchands disparurent.
A la pointe des Blagueurs, les équipages qui mouillaient en rade, prenaient un repas consistant en une cotriade, chez la "Mère Jaffro" qui tenait un café et vendait un peu de poisson. La Cotriade est un menu fait de poissons cuit avec pommes de terre et aromates dans des récipients de fonte qui ne servaient qu'à cela. C'était assez pittoresque. Après que le préposé à la cuisine eût préparé le repas, il trempait la soupe sur laquelle s'étalaient des oignons frits au beurre ou à la graisse de porc et la grande cocotte de fonte contenant le poisson et les pommes de terre était portée sur la table - assaisonnement 1 ou 2 soucoupes avec du vinaigre et du poivre. Pas d'assiette, chacun avec son couteau mettait sur son pain le poisson et avec la pointe cueillait un morceau de pomme de terre. Pas de verre non plus, mais sur le parquet entre les deux pieds, une bouteille de cidre chacun et on buvait à même la bouteille. La soupe se mangeait en fin de repas. Le récipient la contenant était au centre de la table, et chacun y trempait sa cuillère.
Cette pointe des Blagueurs était bordée d'une part par l'usine Bourgeois, très ancienne bâtisse, dont la construction remontait à plus d'un siècle. Le chemin de ronde possédait un mur dont la partie supérieure était en pierre de taille arrondie et dont il existe encore des vestiges. Ce fut d'ailleurs l'objet d'un litige assez sérieux entre la commune et les riverains. En suivant ce chemin, on trouvait le corps de garde des Douanes et la place au sel, terrain vague, qui tirait son nom des établissements qui se tenaient à proximité immédiate où se faisaient beaucoup de poissons salés car, comme je l'ai déjà dit, les usines ou presses étaient nombreuses, où se trouvent actuellement les propriétés Le Corre, Le Bras "Les Rafales", les Sœurs de la Sagesse, l'ancienne cidrerie Guyomard-Romieux.
Larmor était un village de pêcheurs. Il y avait peu de laboureurs, seule une ferme, exploitée par la famille Scanvic, bordait la rue actuelle dite du Presbytère où se trouve maintenant la villa de la famille De Kersauzon. Sur la pointe de roche où l'abbé Morcrette édifia l'immeuble qui surplombe la mer, on vannait le grain.
Mots-clés : Larmor-Plage
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN -2
Larmor vers 1900
Comment se présentait Larmor à cette époque ?:
Administrativement, Larmor, n'étant pas commune, avait une section composée de 4 élus au conseil municipal de Ploemeur. Bien avant 1900, ces représentants étaient Monsieur Jouanno, instituteur, il conserva cette fonction jusque vers 1900, les autres, Messieurs Puren, Le Bras et Lestrehan.
Ploemeur, commune mère se désintéressait de Larmor et de nombreux abus furent commis. On se partageait les communs entre amis plus ou moins influents, au cours d'une cotriade; chacun s'appropriait au gré de ses intérêts une parcelle convoitée, acquittait les contributions foncières durant 30 ans et devenait ainsi le légitime propriétaire.
Depuis 1874, l'église avait son représentant, rattaché au clergé de Ploemeur, mais logeant sur place dans un presbytère où se faisait l'école. En 1888 intervint la construction de l'école publique. Elle avait alors 3 classes, 2 de garçons et 1 de filles. En 1912, un début de sécession naît part l'ordonnance diocésaine d'ériger à Larmor une cure indépendante de Ploemeur. Le premier prêtre a en prendre possession est l'abbé Jourdan. Vers 1920, vint s'ajouter une classe de maternelle. Plus tard fut édifiée une école religieuse tenue par les sœurs.
Une autre étape de la sécession, c'est la création en 1921 à Larmor par Louis Edelin de la Section locale de l'Union fédérale des anciens combattants, dont il restera le Président plus de cinquante ans.
Larmor ne possédait qu'une agence télégraphique. C'est beaucoup plus tard qu'elle fut transformée en agence postale. Le courrier était distribué par Ploemeur, et toutes les transactions devaient passer par la commune mère. Le parcours journalier du facteur distribuant le courrier à pied : Ploemeur - Lanveur - Larmor - Lomener - Ploemeur était de 28 à 30 kilomètres.
Avant 1900 la route empierrée s'arrêtait à la plage. L'actuel boulevard des Touristes n'existait pas. Seuls, une usine à sardines, existaient, ainsi qu'un café crêperie, tenu par la famille Fravallo. Ce n'est que beaucoup plus tard que furent édifiés les immeubles bordant le boulevard. Le Docteur Garrec construisit l'immeuble situé près du camping. A cet endroit se trouvait une mare pleine d'eau en hiver, l'été à sec.
Derrière cette mare, un poste de défense sous-marine était relié téléphoniquement à Locqueltas, poste de projecteurs et à celui de la pointe de Toulhars. Ces relations étaient souterraines et passaient d'abord sous la Place Notre-Dame et furent ensuite détournées par des constructions en pierre (dont subsistent encore des vestiges) passant devant les "rochers", puis les quais et les murs bordant actuellement les "Rafales", passant sous la cale de l'usine Le Bras pour aboutir sous la plage de Toulhars et se continuant sous le sable. Je ne parlerai pas du Fort de Locqueltas dont la mise hors service date seulement de quelques années.
Larmor ne disposait que de deux routes carrossables, l'une reliant Lorient par le pont suspendu de Kermélo, pont à péage : un sou pour les piétons, o,25 à 0,50 pour les voitures, l'autre reliant le Kernével à Ploemeur. Ces deux routes se croisaient au lieu dit les "quatre chemins". Les différents villages étaient accessibles par des chemins ou sentiers, véritables fondrières en hiver.
Pour aller à Lomener, il n'y avait que le bord de la mer, les piétons empruntaient la plage ou le chemin des douaniers, ou encore par Ploemeur. Kerguelen, Kerpape, Le Moustoir n'étaient desservis que par des chemins de culture. Il en était de même de Keroas, Kerblaisy, Kervogam, Quehello Congard, Kernével-Larmor étaient reliés par des sentiers le long de la falaise jusqu'à Toulhars, et la plage de Toulhars ensuite - sur le sable. Puis sous la municipalité Le Coupanec, la route Le Méné-Kerderf fut ouverte pour y desservir les deux fermes qu'il y possédait. Quand le lotissement de Lorient Plage fut autorisé, les lotisseurs eurent l'obligation de créer une route pour le desservir. Cette route allait de Kerderf à Locqueltas, puis plus tard la construction du sanatorium de Kerpape fut à l'origine du chemin qui délimite aujourd'hui la commune de Larmor depuis le croisement de la Vraie Croix jusqu'à la mer.
Les relations avec Lorient se faisaient par la Société des Vapeurs Port Louisiens. Plus tard un service fut organisé entre le Kernével et la Perrière où on prenait le tramway pour la ville, bien après, ce service fut prolongé jusqu'à Lorient, puis l'automobile vint et les cars.
Mots-clés : Larmor-Plage
Le 3 octobre 2007, j'ai reçu ce mail :
Bonjour
mon grand-père Louis Edelin est avec d'autres personnes à l'origine de la commune de Larmor-Plage en 1925, il y fut maire de 1935 à 1945.
J'ai repris un texte qu'il avait laissé et je peux vous transmettre ce fichier pour l'intégrer à ce blog,
Jacques Nerrou
Je vous propose donc ce texte en plusieurs billets a suivre.
Larmor vers 1900
Souvenirs de Louis EDELIN
Préambule
Notre famille s'est implantée à Larmor-Le Kernével vers les années 1850. A cette époque, Larmor et Le Kernével étaient des villages dépendant de Ploemeur. Notre ancêtre Louis Edelin, né le 21 juillet 1823 à Nantes, installe au Kernével, avec son beau-frère Charles Appert, une usine de ferblanterie. Charles Appert, descendant de Nicolas Appert, le découvreur du procédé de la mise en conserve des aliments aseptisés par la chaleur, la sardine se prêtait bien à cela.
La ferblanterie fabriquait principalement des boites de sardines en fer blanc destinées aux usines et presses du littoral.
Enfant de Larmor, puisqu’est né le 10 mars 1891 au Kernével, mon grand-père Louis Edelin, l'un des principaux instigateurs pour la création d'une commune, indépendante de Ploemeur, nous a laissé quelques écrits. De ces derniers, que je reprends en partie, et publié dans les années 1970, je vais vous dépeindre Larmor à cette l'époque.
Ce recueil est une petite histoire de Larmor, dont les membres de notre famille ont été les acteurs.
Larmor avant 1900
La légende attribue vers le VIe siècle une chapelle, édifiée, par Saint Gildas et son disciple, un nommé Vital, sur le site de Port Maria. Les pèlerins étaient les marins et les paysans du bord de mer. Ils venaient prier la Vierge Marie, Notre-Dame du Pays de la Mer.
Le lieu avait trouvé un nom Notre-Dame de Larmor. Ce lieu faisait partie de Ploemeur.
Larmor fut un bastion fortifié de la famille des Rohan, alliée à celle des Rieux, face à Louis XIV et Colbert, intéressés par les lieux pour implanter la Compagnie des Indes, en s’installant d’abord à Port-Louis, puis sur les landes du Faouëdic, où allait naître la nouvelle ville de L’Orient.
Des vestiges des fortifications existent sous les pavés de la place de l’Eglise.
Ses premiers habitants étaient des pêcheurs de sardines. L'anse de Toulhars était une protection naturelle, assez élevée, pour protéger leurs bateaux des tempêtes. A l'extrémité, ils en firent le port.
Les premières habitations ont été bâties autour de la grande chapelle faite de roman et de gothique. Elle fut agrandie aux XVIe et XVIIe siècles. La première partie fut terminée en 1506, la tour dite "tour des gardes" en 1616. Cette tour des gardes a probablement été érigée à la suite de la destruction d'une tour plus ancienne, située à quelques mètres, à droite, sur la place aujourd'hui pavée. Devant la chapelle, près des 3 chênes, les habitants avaient foré un puits. Il devait se trouver au centre du village. De l'autre côté se trouvait le cimetière des gens de Larmor.
A la révolution, Larmor comptait environ 300 habitants. Un seul chemin permettait d'aller à Ploemeur, passant par le Menez, Kercavès et s'arrêtait sur le chemin allant de Ploemeur au Kernével. L'endroit était désigné les "quatre chemins". La seule possibilité pour se rendre à Lorient était soit par la mer, soit en passant à proximité de Ploemeur à Kerdroual, puis Soye, contournant l'étang du Ter. En 1838, un pont à péage sera construit à Kermélo.
Mots-clés : Larmor-Plage
Troisième et dernier billet de la série "petite histoire de la digue de La Nourriguel" (-1 ; -2) publiés pour "rafraichir la mémoire" avant d'aller apporter une contribution à l'enquête publique, consultable des aujourd'hui, lundi 22 octobre 2007, à la mairie de Larmor-Plage.

Cette dernière partie, qui couvre l'année 2006 et le début de l'année 2007, voit se préciser les projets et la mise en route des procédures. Les riverains sont de plus en plus présents, ils exercent une pression pour qu'une solution soit rapidement mise en oeuvre, mais ils sont également critiques sur les projets envisagés. L'intervention de l'association "Rade Environnement" rappelle qu'une intervention sur le "trait de côte" aura des conséquences bien au-delà du site.
L'intervention d'un membre de l'association des riverains, apporte un nouvel élément dans ce dossier, qui est la recherche d'un "coupable", point qui a son importance au vu des sommes qui vont être engagées.

Photo Bruno octobre 2007
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : LES PROCÉDURES LANCÉES AVANT LES PROJETS
On le sait, les procédures administratives sont longues et complexes lorsque l'on parle de domaine public maritime ou que l'on touche au domaine de l'eau. Ainsi, le conseil a décidé, hier, de lancer les procédures de concession du DPM en vue d'un enrochement sur la pointe de Toulhars, les autorisations au titre de la loi sur l'eau pour le réensablement de la plage et le concours de l'Équipement maritime pour le montage opérationnel du dossier. Quant aux projets, ils ne sont pas encore totalement précisés, semble-t-il. Des compléments d'études viennent de parvenir à la mairie qui doit saisir les commissions concernées. La municipalité s'est également engagée à réunir les riverains de cette digue mise à mal par les tempêtes.
Notons au passage que, lors du débat d'orientations budgétaires de l'année 2006, ont été évoquées les études pour le réensablement de la plage de la Nourriguel.
(Le Télégramme du 02/02/2006 Rubrique: Larmor-Plage)
NOURRIGUEL : UNE DIGUE SUPPLÉMENTAIRE EN PROJET
Quelle solution pour protégée la digue de la Nourriguel, un peu plus fragilisée à chaque tempête et forte marée ? Les riverains réunis au sein des Amis de la Nourriguel ont fait le point sur l'étude de protection lancée par la municipalité.
L'association des Amis de la Nourriguel, qui regroupe une cinquantaine de familles, s'est réunie vendredi soir, à l'hôtel des Rives du Ter, afin d'informer ses adhérents de l'avancement de l'étude lancée par la municipalité. « Cette dernière avait invité une partie d'entre nous, le 14 février, afin de nous présenter le résultat des études de courantrométrie et les projets de travaux », explique le président, Jean-Marc Le Carour.
Une digue, deux variantes
Les bureaux d'étude proposent la protection de la digue actuelle par du sable et, pour retenir celui-ci, la création d'une digue supplémentaire qui permettrait de dévier le courant et de conserver un apport très important de sable de la carrière des Kaolins, et cela avec deux variantes possibles. La première consiste à créer une digue de 100 m de longueur, sur trois mètres de haut, qui démarrerait de la pointe rocheuse, au niveau de la rue du Soleil et se dirigerait vers le large. Elle aurait pour effet de conserver l'apport de sable de 3 à 4 m de hauteur, avec une pente de 10 %. Le coût et estimé à 600.000 €. La seconde option prévoit la création d'une digue, deux fois plus longue, qui partirait du pied du fort de Kernével et rejoindrait « Le
cochon », avec apport de sable sur la totalité de l'anse. Coût estimé : 1,2 M€. La granulométrie du sable des Kaolins apparaît correcte aux bureaux d'étude. « Le sable du dragage du chenal devant Kerpape ne sera pas disponible avant 2009 ! Celui de la rade ne semble pas assez propre », souligne Jean-Marc Le Carour.
2006 étant une année de grandes marées, les riverains sont pressés de trouver une solution. « La municipalité a d'ores et déjà gagné du temps en anticipant les démarches administratives et, si tout se passe bien, dans 18 mois, les travaux sont terminés », a expliqué le président.
Nouveau rendez-vous dans un mois
Les riverains, globalement favorables à ces travaux, ont émis toutefois quelques réserves ou interrogations. « Les travaux de consolidation du mur actuel vont-il perdurer ? Dans le cas de la petite digue, quid de la protection des maisons situées au niveau du parc de la Citadelle ? Ne risquent-elles pas un contre-coup ? », demande un habitant de ce quartier qui, comme ses voisins, préférerait la version longue digue. « Les camions de travaux ne risquent-ils pas de défoncer nos rues ? Quels matériaux, quelle esthétique pour ces digues ? La grève de la Nourriguel ne risque-t-elle pas de devenir une plage avec, en conséquence, des problèmes de stationnements ? Et enfin peut-on consulter l'étude et le projet à la mairie ? ». Le bureau de l'association va faire remonter à la mairie, toutes ces interrogations. « Nous nous retrouverons dans un mois pour faire le point avec de nouvelles réponses », a conclu le président. (Le Télégramme du 13/03/2006 Rubrique: Larmor-Plage)
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : DES QUESTIONS DEMEURENT
L'association des Amis de La Nourriguel s'est réunie lundi, en assemblée générale. La trentaine de participants a écouté les informations données par le bureau que préside Jean-Marc Le Carour. Pour se convaincre du bien fondé du projet de protection, une nouvelle réunion publique a été demandée.
Où en est exactement le projet de protection de la digue de la Nourriguel ? La réponse a été apportée par le bureau de l'association, mais le besoin d'information des riverains n'a, semble-t-il, pas été satisfait. Des interrogations demeurent. On sait que deux bureaux d'études ont travaillé, à la demande de la commune, sur la protection de la digue. Ils sont favorables à l'installation d'un épi -parfois appelé aussi digue- entre l'extrémité du boulevard, côté rue du Soleil et le rocher du Cochon. Sur cet épi viendrait se coller un rechargement très important de sable de kaolin : 30.000 m3 sur une épaisseur de 3 m répandus sur une
grande partie de la grève.
« Stopper l'hémorragie »
« Cet épi de 100 mètres ne risque-t-il pas de créer un effet de siphon de l'autre côté, mettant en péril les propriétés du parc de la Citadelle ? ». Les interrogations ne manquent pas. A ce jour, plus de 1,8 M € ont été dépensés pour consolider et réparer la digue, construite voici 100 ans de manière assez hétérogène, selon les moyens financiers de chaque propriétaire. « Il faut stopper l'hémorragie ». Le public a regretté de ne pouvoir visualiser un plan ou un document expliquant en images et en chiffres le projet retenu à ce jour. Le 5 juillet, le conseil municipal a voté à l'unanimité l'approbation du projet d'épi et le dépôt de sable des kaolins. Le conseil a lancé les procédures de consultations pour la désignation d'un maître d'oeuvre, pour le choix des entreprises, et la demande de subventions.
Près de 600.000 €
Le coût prévisible de l'opération : 250.000 € pour le sable; 135.000 € pour l'épi; 75.000 € pour la remise en état de la voirie; assistance au maître d'ouvrage et maîtrise d'oeuvre, 18.000 €; études complémentaires, frais d'enquête publique (qui démarrera fin novembre) et dossiers administratifs, 22.000 €, ce qui donne un total de 598.000 € TTC. Les crédits seront inscrits au prochain budget. Le bureau de l'association demandera une nouvelle réunion publique avec la ville et les techniciens qui ont élaboré le projet d'épi. Il a été souhaité que cette réunion se fasse durant les prochaines vacances de la Toussaint, afin de permettre aux résidents secondaires d'y assister. (Le Télégramme du 12/07/2006, rubrique : Larmor-Plage)
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : RADE ENVIRONNEMENT VEUT PROTÉGER LE SITE
Dans une lettre, l'association Rade Environnement demande au maire de revoir le projet de réensablement de l'anse de La Nourriguel. Le président, Didier Loncle, écrit ainsi : « Nous avons pris connaissance de votre projet d'aménagement de La Nourriguel et de la construction d'une digue perpendiculaire au rivage, divisant l'anse en deux parties, avec un apport de sable de kaolin sur au moins trois mètres de hauteur, face à la pointe de Toulhars. Ce projet nous paraît contribuer à détruire définitivement cet espace côtier de notre littoral. L'objectif de protéger les immeubles et biens situés en front de mer, s'il est bien le but principal poursuivi, n'implique pas, de notre point de vue, la réalisation immédiate de cette digue monumentale ni la création d'une plage artificielle avec le budget important que vous avez indiqué. Il nous paraît encore possible et nécessaire d'étudier une solution alternative qui ne détruirait pas irrémédiablement le site de La Nourriguel et se révélerait probablement moins coûteuse pour le contribuable local. Nous vous proposons donc d'examiner une solution en deux phases : 1. Construire un
nouveau mur avec les moyens techniques modernes disponibles : fondations profondes, ferraillage sérieux, béton de qualité, parallèle au mur actuel et en légère avancée sur la grève, protégeant les maisons d'infiltrations souterraines éventuelles. 2. Procéder à la surélévation par enrochement de la pointe de Toulhars fortement érodée depuis quelques années, soit par des travaux réalisés tels que le chenal secondaire soit par l'action de la mer. Or, cette pointe faisait office de digue et servait de protection naturelle contre la houle orientée vers la rade. Sa dégradation ne lui permet plus de remplir son rôle, de freiner ou dévier les plus fortes vagues avant qu'elles ne heurtent directement le mur de Kernével ». (Le Télégramme du 02/09/2006, rubrique: Larmor-Plage)
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : L'ÉPI DE 110 MÈTRES RETENU
Les riverains de la digue Nourriguel ont assisté nombreux vendredi, à la réunion publique d'information, organisée par la municipalité dans la salle des fêtes. Les représentants de la DDE et du cabinet d'études Géos ont présenté le projet d'épi de 110 mètres et la création d'une grève.
Les lourds assauts de la mer durant les dernières années mettent en péril la digue de la Nourriguel et plusieurs habitations. Les techniciens du cabinet d'études Géos ont présenté aux riverains le projet de préservation de la digue qui a été retenu, c'est-à-dire la création d'un épi de 110 mètres, à hauteur de la rue du Soleil, complété par un fort apport de sable de kaolins pour créer une grève. « Cette grève empêchera la mer d'arriver au pied du mur; même à marée haute, cette bande de sable laissera la mer à 30 mètres de la digue par certains endroits et 15 mètres aux endroits les plus fragilisés », ont-ils expliqué.
Préserver l'aspect esthétique
L'aspect esthétique de l'épi a été abordé. Pour préserver la vue, il sera réalisé en roches et bardages en bois, sachant qu'un côté de cet épi sera recouvert de kaolin. Plusieurs riverains ont formulé le souhait d'ajouter à cet épi une protection par enrochement sur la pointe de Toulhars. Les techniciens ont alors expliqué que « non seulement cela serait inutile, car la houle à cet endroit ne dépassera pas 1,20 m, et les vagues viendront se dérouler et se briser d'elles-mêmes sur l'apport de sable de kaolins, mais cela pourrait être néfaste, en créant une petite vasière au pied de cet enrochement ». Le coût financier en serait également alourdi, alors que l'Etat n'attribue pas de subvention et que seuls le conseil général et la municipalité de Larmor-Plage supporteront le coût des travaux. Le procureur, Jean-Michel Frétigny, en sa qualité de riverain, est alors intervenu, mettant en cause la Marine nationale.
Une participation de l'Etat ?
« On peut considérer que la Marine, en draguant un second chenal, a participé à une certaine hauteur à la modification des courants, et donc à l'aggravation de l'état de la digue. Dans ce cas, pourquoi l'Etat ne participerait-il pas aujourd'hui au financement des travaux ? ». Maurice Cougoulic, conseiller municipal d'opposition, a quant à lui suggéré de demander une subvention, au même titre que d'autres communes de la rade au sein de Cap l'Orient.
Début des travaux en septembre
Une enquête publique va être lancée prochainement. Les travaux devraient débuter en septembre 2007 et durer trois à quatre mois.
(Le Télégramme du 31/10/2006, rubrique: Larmor-Plage)
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : LES PROCÉDURES SONT LANCÉES
L'association des Amis de la digue de la Nourriguel s'est réunie lundi soir en assemblée générale. Ce fut l'occasion de faire le point sur les projets de protection de cette digue contre les attaques de la mer. À défaut de maire, le président Jean-Marc Le Carrour a accueilli l'adjointe Brigitte Mélin. Il déplore : « elle n'avait pas la possibilité de répondre à toutes nos questions. » Il a donc été convenu d'un prochain
rendez-vous, à la fin du mois, pour obtenir ces réponses. Les riverains de la digue s'interrogent sur un certain nombre de points. D'abord l'engagement de la commune à financer ces travaux importants et, éventuellement, le devenir de cet engagement après les prochaines municipales.
Une enquête publique
S'ils ont bien compris que toutes les procédures administratives étaient lancées, ils attendent l'enquête publique qui leur permettra de faire toutes les remarques nécessaires, à titre collectif comme individuel. Ils attendent aussi la décision de la commission départementale des sites sur le projet qui propose, notamment, de réensabler le site avec des sables résidus de kaolin. «Quel cahier des charges ? À quand l'appel d'offres ? Nous manquons d'informations,» regrette le président Le Carrour. Le bureau de l'association est composé du président entouré de Bernard Gaben, secrétaire et Etienne Collin, trésorier. (Le Télégramme du 12/04/2007, rubrique: Larmor-Plage)
L'enquête publique ouvre aujourd'hui lundi 22 octobre 2007 Mots-clés : environnement, littoral, urbanisme
Petite histoire de la digue de la Nourriguel à Larmor-Plage -1
En fin d’année 2003, à l’approche des tempêtes d’hiver le débat est médiatiquement relancé par le maire, de Larmor-Plage, qui semble vouloir rassurer les riverains sur sa volonté de trouver une solution, tout en indiquant qu’il faudra être patient.
DIGUE DE LA NOURRIGUEL : LES INTERROGATIONS DU MAIRE
Fort vent de sud-sud-ouest et fort coefficient de marée, un scénario bien connu à Larmor-Plage où l'on vient de vivre une alerte météo de niveau orange. Comme à chaque tempête, les Larmoriens les plus inquiets sont les riverains de la digue de la Nourriguel.
Victor Tonnerre, le maire, est lui aussi inquiet : «Chaque année nous procédons à des travaux de consolidation qui ne sont que provisoires. La mer continue son travail de sape creusant toujours les fondations de la digue qui se fragilise, provoquant parfois l'effondrement de la roche et, par voie de conséquence, de la voie qui borde la mer. Si rien n'est fait, bientôt à la Nourriguel, les maisons du bord de mer s'effondreront». Un travail de réflexion a été conduit avec les riverains, notamment avec des anciens. Pour le maire, il en ressort que seul un enrochement permettrait de casser la houle. «Cet enrochement viendrait en remplacement de la jetée qui existait pointe de Toulhars et qui a été détruite pendant la guerre», explique Victor Tonnerre.
Réponse attendue de la DDE
Bien sûr, contact a été pris avec la direction départementale de l'équipement. «On nous explique qu'il faudrait faire des études et que réaliser des travaux reviendrait cher. Pour l'instant, rien ne se fait». Victor Tonnerre s'interroge : «Ne serait-il pas plus intelligent d'investir une bonne fois pour toutes dans la réalisation d'un enrochement qui casserait la houle plutôt que de multiplier les coûts de réparations qu'entraîne chaque nouvelle tempête ? » La municipalité attend une réponse de la part de la DDE, réponse qui mettra peut-être un terme à l'inquiétude des riverains et usagers de la digue. (Le Télégramme du 30/12/2003 - Rubrique: Larmor-Plage)
En janvier 2005, alors qu’il y a eu encore une brèche dans la digue à la fin de l’année 2004,

Voilà le résultat du travail de la mer. C'était au mois de décembre 2004.
Aujourd'hui, une entreprise répare les dégâts.
(Le Télégramme, photo d'archives : Myriam Plaute dit Lebrun).
Le Télégramme consacre une page entière au sujet. Sont évoqués, les causes de la fragilité de la digue et l’état de la réflexion en cours sur les moyens à mettre en œuvre pour protéger efficacement les habitations. Les conséquences des solutions envisagées ne sont qu’effleurées, il transparait un désacord entre le maire et l’équipement sur un enrochement à la pointe de Toulhars. Il faudra encore être patient…
Larmor : des sédiments au secours de La Nourriguel

La Nourriguel - Photo Le Télégramme
La plage de La Nourriguel, à Larmor, a vu son sable se retirer au fil des années. C'est, du moins selon les études, l'une des raisons de la fragilité de la digue du boulevard de La Nourriguel que les tempêtes aiment à briser de part en part. Profitant de travaux de désensablement de la passe ouest de la rade, en face de Kerguélen, les pouvoirs publics ont imaginé qu'ils pourraient déposer sur cette plage une bonne partie des sédiments retirés du chenal. Il s'agit de galets, graviers et sables relativement grossiers. L'équipement maritime a étudié le sujet. La municipalité de Victor Tonnerre aimerait bien vois ses désirs satisfaits
"Nous avons à retirer 7000.000 m3 de sédiments au fond de la passe ouest, explique Jean-Paul Lequéré, directeur départemental de l'Equipement maritime. Les carottages effectués nous ont montré qu'il s'agissait de produits facilement réutilisables. Ils sont de bonne qualité et peuvent être redéposés sur les plages. Mais, ce n'est qu'une des solutions à leur utilisation."
Trois scenarii
Jean-Paul Lequéré se veut d'une grande prudence. Trois scenarii sont possibles. Le premier est bien le réensablement de certaines plages. Le second est la vente de ces matériaux qui peuvent être considérés comme produits de carrière. Ceci permettrait de récupérer quelque argent sur le coût important du dragage. Le troisième est le stockage et l'utilisation en terre-plein. Les installations portuaires du pays de Lorient ont besoin de remblais. La Chambre de commerce et d'industrie, concessionnaire du port de commerce, a également son mot à dire sur le sujet.
La solution des plages
"Nous avons balayé l'ensemble du littoral de Cap l'Orient et étudié les enjeux avec les services de la communauté d'agglomération, explique Jean-Paul Lequéré. Deux plages ont été classées comme prioritaires : La Nourriguel et la Grande plage de Gâvres". Le site de Kerguélen n'a pas vocation à devenir prioritaire, même s'il souffre d'érosion : il ne protège pas directement une zone urbanisée. A La Nourriguel, on estime à plus de 320.000 m3 les sédiments pouvant y être déposés. Pour Gâvres c'est à peu près le même volume. On pourrait aussi en rajouter sur une autre plage de la presqu'île : le Goërem.
Maintenir le sable en place
Il ne suffit pas de décider du réensablment. Il faut aussi voir dans quelles conditions le sable déposé aura le plus de chances de rester sur place. Ainsi, les études de la Direction départementale de l'équipement prévoient la création d'épis en béton ou en bois, voire les deux. Il en faudra sans doute au moins quatre sur la plage de La Nourriguel. Une vidence, la plage de La Nourriguel changera d'aspect, mais c'est à ce prix que l'on assurera plus de sécurité aux personnes dont les demeures se trouvent en bord de mer.
La Pointe de Toulhars
Pour cette sécurité, la municipalité de Larmor demande que soit créé, également un enrochement sur la pointe rocheuse de Toulhars. L'objectif est de casser la houle venant du large. "Cela ne peut sans doute pas nuire à la sécurité de la zone urbanisée, constate Jean-Paul Lequéré. Néanmoins, il faut bien étudier le problème en parlant, par exemple de paysage, mais aussi, de conséquences sur l'hydrologie de la rade". Pas simple donc de concevoir de nouveaux aménagements dans l'estuaire du Scorff et celui du Blavet qui, depuis des siècles, n'ont cessé de supporter la pression des activités humaines.
Yves Guégan
VICTOR TONNERRE : « IL FAUT UNE DIGUE SUR TOULHARS »
Le maire de Larmor est en première ligne pour réclamer aux services de l'Etat, les moyens nécessaires à la protection de ses habitants. Il répond ici à nos questions.
Comment expliquez-vous les phénomènes qui dégradent sans cesse la digue de La Nourriguel ?
Depuis plusieurs années, la houle a changé de secteur. Elle est principalement du sud et entre dans la rade par la Pointe des Chats, comme par Pen Men. Il y a une conjonction de houle au niveau des Trois Pierres. La houle de fond prend alors de la puissance et vient se briser directement sur La Nourriguel. Les roches de la pointe de Toulhars ne sont plus assez hautes pour la freiner. Vous préconisez un enrochement sur Toulhars.
Le réensablement de La Nourriguel ne suffira donc pas ?
La plage de La Nourriguel est déclassée depuis une quinzaine d'années en «grève». Faute d'avoir conservé son sable. Si on se contente d'en remettre sans prendre les moyens de le retenir, cela ne servira à rien. Il faut faire une sorte de digue sur les rochers de Toulhars. Le conseil municipal a demandé une étude complémentaire pour cette réalisation. J'imagine que l'on puisse rehausser ces rochers à hauteur des deux tiers de la hauteur des pleines mers. Ainsi, la houle de fond sera stoppée. Les vagues de surface auront d'autant moins de force et seront moins destructrices. Il y aura également les épis de bois ou de béton sur la plage pour empêcher le sable de glisser vers Kernével.
Les réparations à répétition ont un coût. Cette année, elles s'élèvent à combien ?
Les travaux qui viennent d'être engagés sur la digue de La Nourriguel et qui s'achèveront d'ici à trois semaines, se montent à 90.000 € financés à 50 % par l'Etat, 25 % par le conseil général et 25 % par la commune. Ce n'est pas rien, mais nous avons un devoir de sécuriser les habitants. La structure de cette digue n'est pas faite pour supporter le gros temps. Il ne s'agit que d'un parement de pierres. Il faut absolument renforcer la base avec du béton et, si possible, le fixe sur la roche.
UN TALUS, UN ENROCHEMENT DES ÉPIS ET BEAUCOUP DE SABLE
La technique qui devrait être utilisée à La Nourriguel se doit d'être expliquée (voir également le schéma ci-contre).

Un talutage et un enrochement
Dans un premier temps, un talutage sera réalisé au pied de la digue. Ce talutage sera protégé, ensuite, par un enrochement conséquent sur lequel viendra s'appuyer le dépôt de sable. Comme nous l'écrivons par ailleurs, quatre épis disposés perpendiculairement à la digue sont prévus pour retenir les sédiments déposés. Le principe des épis est, jusqu'ici, le seul à avoir réellement fait ses preuves. L'étude de l'équipement maritime prévoit que la couche des dépôts aura une épaisseur maximale de 3 m environ, à hauteur de la rue des Embruns. Le sable et les sédiments seront étalés en décroissant, jusqu'à la limite moyenne des marées les plus basses.
Objectif : briser la houle
L'objectif de cette opération est de briser la houle du large en faisant en sorte que le déferlement des vagues se fasse avant d'atteindre la digue. En effet, aujourd'hui, avec l'évolution constatée de la houle qui arrive désormais majoritairement du sud-sud-ouest, les lames se brisent sur la digue, sans avoir perdu de puissance sur la grève.
Pas avant 2007-2008
Ces travaux sont relativement complexes à coordonner. En tout état de cause, selon la Direction départementale de l'équipement, ils n'interviendront pas avant la période 2007-2008. Il faut que l'ensemble du processus soit en place, ainsi que son financement. Encore faut-il que la décision soit prise au cours de l'année.
Un coût partagé
Quant au coût des opérations, on peut espérer obtenir un financement à près de 80 %, dont une bonne partie viendra de l'Etat, aidé par le conseil général. L'Etat a, en effet, dégagé depuis peu des financements spécifiques pour aider les collectivités locales à se protéger contre les assauts de la mer. Précisons, néanmoins, que ces aides de l'Etat sont plafonnées. D'où la nécessité, aujourd'hui, de faire de bons calculs. Tous les travaux ne seront pas financés par l'Etat. La commune aura, elle aussi, une charge importante, notamment dans la réalisation des épis. «Il s'agit de projets complexes, mais jouables», insiste Jean-Paul Lequéré.
( Le Télégramme du 25/01/2005 Rubrique: Morbihan Lorient)
Le conseil municipal du mois d’avril 2005 vote le financement des études.
La protection du mur de la Nourriguel à l’étude
Etude protection du mur de la Nourriguel. La Direction départementale de l’Equipement estime à 50.000 € HT le coût de l’étude approchant les phénomènes de houle, marée et érosion. La subvention de l’État pourrait atteindre les 80 % du coût, laissant 20 % à la commune. Le conseil sollicite cette subvention et confie à la DDE, service maritime, la maîtrise d’œuvre des études de protection pour un forfait de 2.090 € HT. L’étude de protection du mur de la Nourriguel, d’un coût total HT de 21.800 € et d’un délai de cinq mois, est confiée à la société Geos-DHI. (Le Télégramme du 01/04/2005 - rubrique Larmor-Plage)
Mots-clés : Littoral, environnement, urbanisme
L’enquête publique, pour des travaux de défense contre la mer, de la digue de la Nourriguel à Larmor-Plage, va bientôt commencer, il est intéressant de faire un petit survol historique des épisodes précédents. Une rapide recherche sur Google n’ayant pas été fructueuse ce sont dans les archives du Télégramme que j’ai été à la pêche aux informations, afin d’être plus précis que ne me le permettait ma mémoire. Je vous propose cette petite « remise en mémoire », pour que vous puissiez aller utilement apporter votre contribution à cette enquête publique, en plusieurs billets à suivre que vous ne manquerez pas de corriger, compléter et enrichir de vos commentaires.
Pour débuter, examinons une ancienne carte postale achetée, lorsque j’ai ouvert ce blog, sur Cartopole-Cartolis site du musée de la carte postale de Baud. Au-delà du fait que l’on remarque qu’il n’y a que peu de maisons, ce qui est intéressant c’est qu’on aperçoit l’aspect de la petite falaise avant qu’elle ne disparaisse derrière des protections en pierre et ciments. Il semble qu’elle était déjà en recul face aux assauts de la mer bien avant qu’il y ait des constructions, et apparemment les premières protections ont été construites par les propriétaires en même temps que leurs maisons.

Entre le jour où a été prise la photo de la carte postale et aujourd’hui, je présume que les tempêtes ont régulièrement provoqué quelques dégâts sur les protections mises en place, mais de rapides recherches dans les archives numérisées et disponibles en ligne du Télégramme ne m’ont pas permis de remonter avant le 14/12/2000.
La digue de la Nourriguel cède sous les vagues
La tempête qui a sévi dans la nuit de mardi à mercredi a causé quelques dégâts sur la commune. (…). Mais la conséquence la plus importante constatée au petit matin par les services techniques de la ville est, une fois de plus, la dégradation de la digue de la Nourriguel. En deux endroits différents, à l'extrémité du trottoir, la chaussée s'est écroulée, laissant béants deux énormes trous d'une dizaine de mètres de profondeur. Ce sont les vagues, alliées à un vent d'une force exceptionnelle, qui ont creusé par la mer cette digue. Les employés des services techniques s'attachaient mercredi matin à boucher provisoirement cette percée dans le mur de la digue, alors que du haut de la digue, tuyau d'évacuation et buses étaient apparentes. Les riverains n'ont toutefois pas été coupés en alimentation d'eau. «On a connu pire !» déclarait philosophe mercredi matin, cette habitante qui, à quelques mètres du premier trou, bêchait tranquillement ses massifs.. (…). (Le-Télégramme – 14/12/2000 rubrique Larmor-Plage) Vous avez certainement remarqué que le correspondant ne relate pas d’inquiétude particulière chez les habitants. L’article suivant daté du 11/01/2001, n’est plus du tout dans le même registre.
Nourriguel : la digue à nouveau percée 
A la mi-décembre, la digue de la Nourriguel avait déjà subi de gros dégâts. Hier, elle a à nouveau été victime aux mêmes endroits de la violence de la mer. Le vent du sud-est, allié aux fortes marées, les riverains de la digue de la Nourriguel connaissent. A chaque fois, à marée haute, les flots passent par dessus le haut mur et viennent lécher la promenade sur la digue. Cependant, depuis plusieurs années, la mer attaque la base de la digue et met ainsi à mal l'empierrement. L'eau s'infiltre alors sous la chaussée qui s'est effondrée à nouveau hier matin après une météo nocturne agitée.
Il faut tenir...
Les services techniques se sont empressés, comme en décembre dernier, de palier au plus urgent, en rebouchant avant la marée haute le trou béant à partir de la plage et à partir de la chaussée qui la surplombe. L'appel d'offre pour les travaux définitifs de consolidation sera lancé d'ici quelques jours. En attendant, il faut tenir... L'équipement a pris les mesures des travaux à effectuer. Il s'agira essentiellement de refaire l'empierrement de la base de la digue, à l'image de ce qui a déjà été fait à quelques mètres de là. Un système de marches en béton brise la force des flots à leur arrivée sur le mur. L'enrochement du pied digue devrait passer bientôt en commission des sites. Certains riverains, devant la crainte de voir leur habitation partir un jour à l'eau, réclamaient au petit matin des études approfondies et des systèmes importants, mis en place au large, ayant pour but de dévier l'axe des vagues. «Ce genre d'études, très longue et très coûteuse est estimée entre 1.5 et 2 Millions de francs, sans être sûr que la nature ne réservera pas quelques surprises sur d'autres sites...» expliquent les responsables des services techniques qui, à chaque coup de tabac, sont aux premières loges. (Le Télégramme 11/01/2001 rubrique Larmor-Plage)
Les riverains, encore en ordre dispersé, sont en première ligne après ce deuxième écroulement, mais l’approche de l’échéance des municipales va faire réagir le maire en place.
Conseil municipal (suite) : travaux urgents digue de la Nourriguel
Le conseil municipal s'est réuni mercredi soir, salle des Algues sous la présidence du maire, Georges Jégouzo, dans une ambiance de pré-campagne (…).
Digue de la Nourriguel : suite aux dégradations successives subies cet hiver pour cause de tempêtes, la digue nécessite des travaux urgents. Il a été voté mercredi soir la désignation du service maritime des Ponts et Chaussées pour la maîtrise d'oeuvre, le lancement des travaux, sans perdre le bénéfice des subventions, la sollicitation de l'Etat pour une subvention aussi élevée que possible, et la signature des marchés et pièces à venir. Le maire a ajouté : «Messieurs Le Drian et Yvon vont suivre le dossier, quant à moi, j'ai pris rendez vous avec le sous-préfet». (…).
Enfin, à l'issue du conseil, Georges Jégouzo a tenu à remercier tous les conseillers pour ces six années passées, (…). (Le Télégramme 26/01/2001 rubrique Larmor-Plage)
Un an plus tard, le nouveau maire, qui avait annoncé dans sa campagne « - A la Nourriguel, seront réglés les problèmes de la digue, aux plans technique et patrimonial », est en première ligne après une nouvelle tempête ayant montrée la fragilité des renforcements effectués. Les riverains sont de plus en plus présents et des solutions évoquées.
La Nourriguel : les derniers travaux déjà sapés
Le maire de Larmor-Plage, Victor Tonnerre, accompagné de Gilles Balanger son adjoint aux travaux et à l'urbanisme, est allé inspecter l'état de la digue de la Nourriguel, et le constat n'est pas très réjouissant : «Malgré le programme de consolidation mené depuis plusieurs années, le sable continue à s'en aller et à miner les fondations de cette haute muraille, qui a pour rôle de protéger la rue et les maisons des assauts de la mer», explique le maire, rejoint dans ses constatations par Gilles Balanger : «Les tempêtes, de plus en plus fréquentes et qui montent de plus en plus haut, attaquent même les derniers travaux réalisés, en l'occurrence les marches de béton «brise-houle», qui aujourd'hui sont entièrement apparentes. Sur d'autres parties de la digue, jamais refaites, des trous menaçants apparaissent et les fondations sont sapées par la mer.
Les riverains s'inquiètent
Trois mètres de hauteur de sable disparus, les riverains s'inquiètent : «Aujourd'hui, je ne reconnais plus la plage de mon enfance, dans les années 30, quand la Nourriguel était une vraie plage, et que nous sautions de la digue sur le sable; aujourd'hui, sauter de la digue serait suicidaire», explique cet habitant du quartier qui a vu évoluer le site au fil du temps : «Depuis cette époque, la plage de la Nourriguel a perdu près de 3 mètres de hauteur de sable, avec une accélération dans les années 90 et plus personne ne peut considérer le lieu comme une plage». D'autres vieux Larmoriens mettent en cause l'occupation allemande. «Pour faire passer leurs sous-marins, ils avaient élevé une sorte de digue au large de Toulhars, qui protégeait la Nourriguel». De plus en plus de voix larmoriennes s'élèvent pour que ce rempart soit à nouveau en place «avec, par exemple, un enrochement sur l'extrémité rocheuse de la pointe de Toulhars». Cette solution permettrait peut-être de diminuer la force dévastatrice des vents de suroît, de plus en plus fréquents lors des tempêtes. Quelles que soient les solutions, la facture, pour sa part, restera certainement salée. ( Le Télégramme 12/02/2002 rubrique Larmor-Plage)
L’hiver suivant, nouvelles tempêtes, nouvelles brèches dans la digue, le fait nouveau est qu’il y a apparition d’une inquiétude concernant les risques engendrés par les projets de protection.
Digue de la Nourriguel : une brèche dans le mur de soutien 
La digue de la Nourriguel a de nouveau souffert durant les dernières tempêtes, à tel point qu'une brèche s'est ouverte dans le mur de soutien, à l'extrémité du boulevard, à l'angle de la rue du Soleil. «Nous avons aussitôt procédé à un enrochement de fortune», explique Philippe Chartier, le directeur des services techniques qui a constaté la disparition de nombreuses pierres tout le long de la digue «y compris sur les parties déjà consolidées ». L'idée d'une solution par enrochement refait son apparition chez certains Larmoriens; d'autres habitants craignent dans ce cas des conséquences au niveau de l'ensablement de la plage de Toulhars comme de la grève de la Nourriguel. (Le Télégramme 22/01/2003 rubrique Larmor-Plage)
Mots-clés : littoral, urbanisme, environnement
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